20 Septembre 2021
Les télégrammes échangés le 30/09/1940 et le 3/10/1940 entre le chef de la Gestapo parisienne et le chef suprême de la Gestapo à Berlin sont on ne peut plus clairs : "Après entretien avec le Furher, l'oberh Muller ne s'oppose pas aux propositions (la création du camp d'Aincourt) de la police parisienne sur les mesures à prendre." Le 5/10/1940, soit deux jours plus tard, la première rafle organisée par la police de Vichy envoie 350 communistes de la région parisienne dans le camp d'Aincourt. S'ensuit, le 19 octobre, un décret pris par Marc Chevalier, préfet de Seine et Oise, dans le but de réduire au silence les propagandistes communistes. Dorénavant et en application de ce décret, tout communiste diffusant ou suspecté de diffuser des tracts communistes sera interné à Aincourt, toute découverte de tracts communistes dans une commune entraînera l'internement d'un voire de plusieurs militants communistes connus habitant cette commune. Comble de l'ignominie, l'arrêté du 19 octobre 1940 est rendu public par voie d'affiches apposées dans tout le département sous forme d'un appel aux habitants de Seine et Oise.
Chacun l'aura compris, il s'agit d'un appel à la délation. Pour parfaire ce dispositif, les militants communistes connus sont assignés à résidence dans leur commune. La lecture de l' "Union des travailleurs et des paysans, région ouest", d'avril 1941, nous apprend que la police conflanaise va jusqu'à fouiller les voyageurs à la gare de Conflans pour tenter d'arrêter ceux qui transportent des tracts communistes.
La répression fait rage à Conflans comme dans toutes les communes de la région parisienne. A Conflans pas moins de 7 militants communistes sont internés à Aincourt. Désiré Clément, Le Maguer Francis (fils), Le Maguer Jean (père) sont arrêtés le 8 mars 1941, Le Corre Eugène, Desvignes Louis, Spysschaert Henri le 10 mars, Fournier Georges est internés le 8 juillet 1941. C'est essentiellement pour fait de propagande (distribution de tracts anti-allemands, détention de tracts et/ou de matériel : papier, stencils, ronéos...) De véritables rafles sont organisées dans la région parisienne. A Conflans, les milieux communistes sont massivement perquisitionnés, ce qu'attestent les rapports de la police d'état consultables aux A.D. des Yvelines. De février 1941 à décembre 1941, on dénombre avec les arrestations citées plus haut, plus d'une vingtaine de perquisitions au domicile des militants communistes, ces perquisitions s'accompagnant le plus souvent, d'enquêtes de police qui provoquent leur lot d'arrestations. Clément Désiré, Louis Desvignes, Le Corre Eugène sont mis à la disposition des nazis comme otages par Vichy le 27/06/1941, alors qu'aucun allemand n'est encore tombé sous les balles des FTPF. Désiré Clément, Louis Desvignes, Henri Spysschaert moururent en déportation. Eugène Le Corre fut fusillé le 15 décembre 1941.Jean et Francis Le Maguer furent internés jusqu'en 1944.Georges Fournier fut libéré le 4 juillet 1942.
Tous les ans, chaque premier samedi du mois d'octobre, une cérémonie commémorant l'ouverture du camp d'Aincourt a lieur à Aincourt. Cette année, cette cérémonie organisée par l'Association "Mémoire d'Aincourt" aura lieu le 2 octobre 2021 à 15 heures, à l'entrée du Groupement Hospitalier Intercommunal du Vexin, sur les lieux mêmes du camp. Soyons nombreux à y participer. Nombreux car le combat de ce femmes, de ces hommes est toujours d'actualité à l'heure où l'extrême droite, le nationalisme, le révisionnisme progressent en europe et dans le monde, à l'heure où la haine, le rejet de l'autre, la xénophobie gagnent du terrain.
Jean Présent, membre ami de la FNDIRP, de "Mémoire d'Aincourt"
Sources : AD de la Seine St Denis, des Yvelines, A.N., AERI, "La Résistance en Ile de France", DVD.
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