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La table ronde de la gauche

Chute d'Allende : le 11 septembre 1973

 

 

Tous les partisans de la démocratie, de la liberté et de l’égalité sociale, ne peuvent que condamner ce coup d’Etat qui fut très violent et très répressif.

Certes nous sommes à la fin de la guerre du Vietnam, la guerre froide bat son plein et la crainte et la haine des communistes est à son comble dans la droite libérale : cela ne justifie en rien une telle violence.  

Vous allez dire : « c’est de l’histoire. Quelles incidences pour aujourd’hui ? » Les régimes autoritaires sont présents partout dans le Monde et la répression des peuples, l’accroissement des inégalités, le recul des libertés sont omniprésents. Les forces réactionnaires sont toujours là et doivent continuellement dénoncés.

Un petit rappel

Salvador Allende gagne en 1970 les élections présidentielles, en recueillant 36.3% des voix, mais n’a pas de majorité pour gouverner. 

Au cours des trois années agitées du gouvernement d'Unité populaire, les événements correspondent à la stratégie de déstabilisation adoptée à la Maison Blanche : sabotage économique tendant à créer une situation de chaos, refus de tout crédit de financement, manipulation à la baisse du prix du cuivre à la Bourse de Londres, refus de livraison ou de vente de pièces de rechange, de produits alimentaires, etc. En revanche, les États-Unis continuent à accueillir volontiers les officiers chiliens et à fournir aux trois armes l'essentiel du matériel qu'elles réclament. 

Bill Clinton a brisé le mur du silence de la CIA (Central Intelligence Agency), en publiant en novembre 2000 des archives- les services de renseignement américains - sur les relations entre les Etats-Unis et le régime chilien du général Pinochet.

« Notre principale inquiétude est que [Allende] réussisse, qu'il se consolide et projette une image de succès dans le monde. » « Nous devons l'étouffer économiquement. (...) Nous ne devons pas laisser l'impression que l'on peut s'en tirer ainsi en Amérique latine » Richard Nixon

L’union populaire remporte les élections législatives de mars 1973 en recueillant 43,39 % des voix. Le gouvernement fait ainsi la preuve qu'il peut compter sur un soutien populaire nettement accru par rapport à l'élection présidentielle de 1970.

La junte militaire dira alors : « nous sommes arrivés à la conclusion que le conflit entre les pouvoirs exécutif et législatif n'avait pas d'issue constitutionnelle. "

On connaît la suite.

  • Coup d’Etat le 11 septembre 1973 par la junte militaire sous l’autorité d’Augusto Pinochet
  • Répression militaire à tous les niveaux : 

 

  • Les arrestations. Les stades transformés en prisons Près de 150 000 personnes ont été emprisonnées pour des motifs politiques, et dix-neuf l'étaient encore à la fin de 1993.
  • Les exécutions, assassinats et disparitions. La Caravane de la mort, escadron de la mort qui sillonna le Chili du 30 septembre au 22 octobre 1973 visant en particulier les membres du Parti socialiste du Chili, mais aussi ceux du MIR ou du Parti communiste, ainsi que des citoyens, sans aucune appartenance politique, opposants à la dictature militaire. L’opération Condor, campagne d'assassinats et de lutte-anti-guérilla conduite conjointement par les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien tacite des Etats-Unis.  L'opération Colombo concernant l'exécution de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire.
  • Les tortures, près de 30000 selon un rapport remis au président Ricardo Lagos dans les années 2000.
  • L’exil. Entre deux cent cinquante mille et un million de Chiliens se sont exilés ou ont été expulsés dans divers pays du monde entre 1973 et 1989. 

 

  • Une politique économique néolibérale menée par les « Chicago boys», inspirés par les conceptions économiques développées par Milton Friedman. (privatisations, dénationalisation du cuivre, les grands domaines fonciers rendus à leurs anciens propriétaires, …). 

 

Bref 17 années de dictature

Augusto Pinochet reçut le soutien de Ronald Reagan dénoncé par le camp démocrate « (l’administration (américaine) s'associe à un régime militaire qui non seulement est engagé dans une répression contre ses propres citoyens, mais qui porte la responsabilité d'un assassinat politique » Edward Kennedy

Margaret Tchatcher l’a soutenu lors de son arrestation en Angleterre.  

Pinochet ne fut jamais réellement condamné, arrêté en 1998 en Angleterre par un mandat international il rejoint le Chili où il fut plusieurs fois relaxé pour raisons de santé. Il meurt, non condamné, en 2006.

émission de France culture a écouter

 

Marc-Noël Vandamme 

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