Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La table ronde de la gauche

Hommage à quatre Résistants de la L.T.T.

 C'est Joseph Epstein, responsable du réseau Francs-tireurs et partisans francilien qui fut arrêté le premier, le 16 novembre 1943, à Evry-Petit Bourg (Essonne) avec Missak Manouchian. Torturé pendant plusieurs semaines, il ne révéla pas son identité et fut fusillé le 11 avril 1944 sous le nom de Joseph Andrej avec Maurice Dampierre, Emmanuel Bourneuf et une vingtaine de FTPF franciliens.

Le 16 novembre 1943, la BS2 saisissait sur Joseph Epstein les coordonnées d'un rendez-vous: deux jours plus tard, le 18 novembre 43, Roland Cauchy fut arrêté à son tour, à Domont (95) et fut trouvé porteur d'un tableau des effectifs FTP de la région P7 (Houilles, Bezons, Sartrouvilles, Conflans Ste Hne). S'ensuivit l'arrestation de Jean François, le 21 novembre 1943, qui avait ordonné et participé au sabotage du 12 octobre 43, avec Roland Cauchy, Maurice Dampierre, Roland Parisé, Pierre Cornieux et un autre FTPF resté inconnu. Maurice Dampierre, ajusteur aux LTT, fut arrêté le 26 novembre 43. Roland Parisé et Pierre Cornieux, eux, le furent le 29 novembre 43. Tous deux furent déportés. Pierre Cornieux mourut en déportation à Haslach (Allemagne), René Parisé, lui, survécut. Emmanuel Bourneuf, qui ne participa pas au sabotage du 12 octobre 43, fut arrêté le même jour que Pierre Cornieux et Roland Parisé, le 29 novembre 1943. Il était contrôleur-mécanicien aux LTT. Etant chargé des relations avec les Gaullistes, Emmanuel Bourneuf fut condamné à mort pour "intelligence avec l'ennemi". Il était notamment, en contact avec René Defert qui appartenait au réseau gaulliste Jade-Amicol. Internés à la prison de Fresnes, les 4 Résistants de la LTT y furent jugés par un tribunal de guerre de la Wehrmacht. C'est en leur mémoire que le 13 avril 1944, les salariés de la LTT cessèrent le travail. Les noms de Maurice Dampierre, Emmanuel Bourneuf et Claude Lornage furent donnés à 3 des 4 rues intérieures de l'ancienne LTT, en hommage à leur action courageuse contre l'occupant nazi. Claude Lornage , FTPF comme ses camarades, ajusteur aux LTT, fut fusillé le 29 septembre 1942 à Paris. En 2014, à la demande du "Collectif Patrimoine historique des LTT", la ville de Conflans donna le nom de "Bourneuf et Dampierre" à une rue située sur l'ancien site des LTT. La plaque commémorative apposée à l'entrée de l'ancienne LTT, rue Désiré Clément, rend hommage à toutes les victimes de la LTT pendant la Seconde guerre mondiale: déportés, fusillés, victimes du STO, soldats de l'armée française... Les noms de Bourneuf, Cornieux, Dampierre y sont gravés. Un musée, le "Musée de la Résistance en ligne" a répertorié tous les lieux de mémoire de Conflans commémorant la Résistance : plaques de rues, stèles, monuments, plaques commémoratives... Cet épisode de la Résistance conflanaise est présenté sur le site du "Musée de la Résistance en ligne" : saisir "conflans" dans le moteur de recherches de www.museedelaresistanceenligne.org puis sélectionner la plaque 7, la plaque commémorative citée plus haut et la plaque de rue 24, la plaque de rue "Bourneuf et Dampierre".

N'ayons pas la mémoire courte, à l'heure où des inscriptions révisionnistes ont été écrites à l'entrée du Centre de la Mémoire d'Oradour-sur-Glane, où en Europe de l'Est d'anciens criminels de guerre pro-nazis sont célébrés.
Jean Présent,
membre ami de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes. Sources : Arch. Préf. de Pol. de Paris, ADYvelines, BAVCC à Caen

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article