9 Mars 2021
Elle était maître de conférences puis professeur à la chaire de physique générale et radioactivité de la faculté des sciences de Paris. En septembre 1946, elle a dirigé le laboratoire Curie de l’institut du radium.
Pendant la 1ère guerre mondiale, elle a accompagné sa mère, Marie curie, sur le front pour radiographier les blessés de guerre dans de petits véhicules appelés les « petites Curie ».
Une femme engagée dans la politique
Son engagement débute en 1934 consécutivement aux émeutes du 6/2/1934 organisées par l’extrême droite.
Ainsi, elle participe à la SFIO (section française de l’internationale ouvrière) et au comité de vigilance contre le fascisme fondé par Paul Langevin. Elle se rapproche ensuite du PCF et interviendra au congrès mondial des femmes contre la guerre et le fascisme.
Elle est pressentie par Léon Blum pour faire partie du premier gouvernement de front populaire en 1936. Elle commence par décliner l’offre du fait de l’intensité de ses travaux scientifiques et de son état de santé (tuberculose) mais finit par accepter pour une durée de 3 mois le poste de sous-secrétaire d’Etat à la recherche scientifique, voulant soutenir la cause féministe et la cause de la recherche scientifique. Elle démissionnera comme prévu au bout de 3 mois mais aura le temps, pendant cette courte période de mener des actions marquantes (voir notes (1), (2) et (3) :
· Définition des orientations majeures d’une politique publique de la recherche
· Augmentation des salaires et des bourses
· Dans le cadre d’une égalité homme/femme, alignement du statut des normaliennes de Sèvres sur celui des normaliens d’Ulm.
· Accroissement du budget de la recherche.
· Participation à la création du CNRS (centre national de la recherche scientifique).
Après avoir démissionné de la SFIO, pour protester contre la non intervention du gouvernement Blum dans la guerre d’Espagne, elle s’investit dans la cause des républicains espagnols en soutenant et en défendant les réfugiés espagnols entre autres.
Une militante pacifiste et féministe
Pacifisme : Elle proteste contre l’utilisation militaire de l’énergie nucléaire et participe aux organisations qui défendent cette cause.
Féminisme : Ses engagements politiques et humanistes seront tous sous-tendus d’une préoccupation féministe. Elle sera membre de l’Union des femmes françaises (issue du comité féminin de la résistance). Elle s’y investira pour la défense et l’avancée des droits de la femme et pour la parité entre les femmes et les hommes.
Elle est décédée le 17/3/1956 de leucémie due à son exposition au polonium et aux rayons X.
Irène Joliot-Curie aura marqué son époque en tant que scientifique mais aussi en tant que femme engagée dans la politique, le social, l’humanisme, le féministe et le pacifisme.
Comme Cécile Brunschvicg et Suzanne Lacore, Irène Joliot Curie continue de marquer le XXI ème siècle dans lequel nous vivons aujourd’hui.
Pierre Bouhours
(1) Des femmes sont désormais impliquées dans un gouvernement de la République……..mais ne peuvent pour autant pas voter et sont considérées comme incapables majeures.
(2) La nomination des trois femmes dans le gouvernement Blum (Suzanne Lacore, Cécile Brunschvicg, Irène Joliot-Curie) a été violemment décriée par les cercles suffragistes car, seul le « vrai combat est celui du vote des femmes. Louise Weiss, féministe, qualifiera ces nominations de « leurre »
(3) Ces trois femmes nommées ministres seront traitées de « ministresses » et caricaturées avec un tricot à la main par les journaux réactionnaires.
Sources :
· Le canard enchaîné du 3/3/2021, dans la rubrique « la boîte aux images » « Trois femmes puissantes par Sorj Chalandon.
· fr wikipedia.org>wiki>suzanne_lacore