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La table ronde de la gauche

L’affaire Perrier

Tout le monde a entendu dans les médias parler de cette affaire. Je reviens dessus car elle m’apparait pleine d’enseignements sur la société dans laquelle nous vivons.

La pollution des sources

Nestlé s’aperçoit de la pollution de certains de ses captages.

Dans la société actuelle, la pollution est devenue universelle : pesticides, engrais (nitrates, cadmium), plastiques, polluants éternels, pollutions bactériennes … Même nos eaux pures minérales naturelles sont infectées. Il est nécessaire que les autorités publiques s’assurent de la qualité de l’eau de consommation.

La mise en place de traitements

Nestlé met en place les traitements adaptés, malgré la législation qui interdit ces traitements. 

En parallèle Nestlé a lancé une nouvelle marque « Maison Perrier » avec la même eau, mais sans l’appellation « eau minérale naturelle ».

 

Le lobbying auprès des autorités publiques

Mais par prudence Nestlé en parle aux autorités publiques, jusqu’au conseiller du président de la République, Alexis Kohler.  

S’en suit une série de tractations, pour maintenir l’appellation « eau minérale naturelle » et réduire les traitements, la quadrature du cercle, la preuve : lors d’ épisodes de contamination par des bactéries fécales Nestlé a été obligé à détruire 3 millions de bouteilles en avril 2024 et à en bloquer plusieurs centaines de milliers un an après.

Il convient de préciser qu’à ce jour aucune contamination s’est retrouvée dans les eaux commercialisées.

 

Les « liaisons dangereuses » entre l’Etat et le monde industriel n’est plus à démontrer. La commission d’enquête sénatoriale, chargée de faire la lumière sur cette affaire révélée par Le Monde et par Radio France en janvier 2024, a montré comment l’Etat a cédé au lobbying de Nestlé. « La présidence de la République savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis des années, avait conscience que cela créait une distorsion de concurrence avec les autres minéraliers, et avaient connaissance des contaminations bactériologiques voire virologiques de certains forages. A noter aussi le refus d’Alexis Kohler de se rendre devant la commission d’enquête. Il a fallu un an et demi pour que l’Etat contraigne Nestlé à se conformer à la loi !

NB : Selon la réglementation européenne de 2009, les eaux minérales naturelles doivent être pures à la source ; Elles ne peuvent donc faire l’objet d’aucune désinfection et d’aucun traitement de nature à modifier leur « microbisme » (la flore microbienne).

 

Où en est-on ?

Le préfet du Gard a fixé un ultimatum au 7 juillet pour arrêter les systèmes de microfiltration, alors que ces dispositifs, résultant d’un compromis initial, ne permettent même pas de dépolluer l’eau correctement. Le préfet du Gard se donne jusqu’au 7 août pour se prononcer sur la demande de renouvellement d’autorisation d’exploitation des forages de Vergèze formulée par Nestlé pour continuer à produire des eaux minérales naturelles.

On pourrait aussi remplacer l’appellation « eau minérale naturelle » par une autre « eau minérale traitée » par exemple.

On pourrait aussi par miracle trouver un traitement qui ne serait pas interdit par la législation et le tour serait joué.

A suivre …

Pour plus de détail :

 

Marc-Noël Vandamme 

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