26 Octobre 2026
Les chiffres
« En 2025, selon les derniers chiffres publiés par l’Assurance-maladie, 1 331 décès ont été reconnus au titre d’un accident du travail, de trajet ou d’une maladie professionnelle, soit 34 de plus qu’en 2024. Avec 783 accidents mortels, la France affiche un bilan catastrophique, en augmentation constante depuis 2020. »
Le Monde du 16/10/2026
La CGT publie également ces résultats pour l’année 2025 : https://www.cgt.fr/comm-de-presse/risques-professionnels-1-331-morts-des-arrets-en-hausse-des-maladies-psychiques-qui-explosent
« Ce sont d’abord les jeunes et primo-arrivants sur le marché du travail, qui sont statistiquement plus souvent touchés par les accidents du travail graves et mortels. Chez les moins de 25 ans, plus de la moitié des décès se produisent au cours de la première année dans l’entreprise. Les intérimaires sont aussi particulièrement touchés, leur indice de fréquence des accidents mortels étant « presque deux fois supérieur à celui de l’ensemble des salariés ». Plus inquiétant encore, la situation des femmes se dégrade. »
Le Monde du 5/06/2026 :
Si on se compare aux autres pays européens :
Les comparaisons sont difficiles car les calculs sont différents.
Pour cette raison, Eurostat propose un taux d'incidence rapporté à la population active. Ainsi en 2023, l'Union européenne comptait 1,63 accident mortel pour 100 000 travailleurs.
Avec cet indicateur, la France est en tête du classement avec 3,6 accidents mortels pour 100 000 travailleurs. Elle devance la Bulgarie (3,51) et Chypre (3,24). Trois pays enregistrent à l'opposé des taux inférieurs à 1 : les Pays-Bas (0,38), l'Allemagne (0,71) et la Grèce (0,91).
Du côté des accidents non mortels, ayant occasionné une absence de travail d'au moins quatre jours, la France affiche également le taux d'incidence le plus élevé avec plus de 2 700 accidents enregistrés pour 100 000 travailleurs. Elle devance le Portugal (2 493) et l'Espagne (2 320).
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Le régime de sécurité sociale « Accidents de travail-maladies professionnelles »
Après avoir dégagé des excédents durant une décennie, sauf au moment de la crise sanitaire liée au Covid-19, le régime AT-MP a replongé dans le rouge en 2025, avec un solde négatif de 200 millions d’euros. En 2026, le déficit pourrait encore se creuser et atteindre 1 milliard d’euros.
Celui-ci a subi une baisse du taux de cotisation, pour que celui de l’assurance-vieillesse puisse être augmenté, ce qui a réduit ses recettes. En outre, elle a dû donner davantage d’argent à l’Assurance-maladie.
« Les employeurs s’opposant désormais à la hausse des cotisations, le décret du 30 septembre 2026 a décidé à compter du 1er novembre 2026, d’une réduction des indemnités prises en charge par la sécurité sociale sous forme de la baisse du plafond. Au-delà des IJ, l’employeur est néanmoins tenu de verser une indemnité complémentaire Cependant ce versement n’est un droit que pour les salariés qui sont depuis plus d’un an dans l’entreprise et n’est pas applicable non plus pour les saisonniers, les intérimaires, les intermittents et les travailleurs à domicile. Or on sait que les intérimaires et les jeunes (qui ont plus souvent une faible ancienneté dans l’entreprise) font partie des catégories de salariés les plus exposées aux accidents du travail ».
Bien-sûr nous sommes attachés à l’équilibre financier de la branche AT-MP car elle permet une réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles. Cependant, les comptes ne peuvent être redressés en faisant porter l’effort sur celles et ceux qui sont les victimes du travail. Le financement de cette branche doit d’abord reposer sur une logique de responsabilisation des entreprises et sur une politique de prévention plus ambitieuse.
Il existe d’autres solutions
« Les gouvernements de Macron ont limité l’intervention des représentant·es du personnel, et les CHSCT ont totalement disparu depuis 2020 tous secteurs confondus. Le pouvoir d’agir des salarié·es et de leurs représentant·es dans les entreprises doit être renforcé. En particulier, les CHSCT, institutions indispensables à la prévention des risques professionnels, doivent être remis en place, avec des prérogatives nouvelles, et être accessibles à tou·tes les travailleur·ses !
Après avoir organisé la pénurie de médecins du travail, d’inspecteur·ices du travail et de contrôleur·ses de la Sécurité sociale dans les caisses régionales, il est temps de réinvestir dans ces emplois nécessaires à la prévention et au contrôle des risques au travail.
L’accidentologie au travail n’est pas une fatalité
Les morts au travail ou du fait du travail et les blessures graves ne sont jamais le fruit du hasard et sont parfaitement évitables. Elles sont très souvent le résultat de choix patronaux délibérés de maximiser les profits.
Le travail dans l’urgence, le défaut de prévention de façon générale et d’une prévention genrée (prenant en compte les situations de travail différenciées et les spécificités biologiques des femmes et des hommes), les organisations du travail délétères sont parmi les facteurs aggravants des risques professionnels. »
https://www.cgt.fr/journee-morts-au-travail-2026
Marc-Noël Vandamme