Le XXième siècle a vu se développer les droits sociaux :
- Le temps de travail :
- 1919 : la journée de 8h
- 1936 : la semaine de 40h
- 1998 : les 35h
- Les congés payés :
- 1936 : 15 j de congés
- 1956 : 3eme semaine
- 1969 : 4eme semaine
- 1982 : 5eme semaine
- La retraite
- 1945 : la sécurité sociale
- 1975 : l’assurance vieillesse pour tous
- 1981 : la retraite à 60 ans
- 2017 : la prise compte des critères de pénibilité au travail
- La santé
- 1928 : l’assurance maladie
- 1942 : la médecine du travail
- 1945 : la sécurité sociale
- 1991 : la loi Evin contre l’alcoolisme et le tabagisme
- 1999 : la Couverture médicale universelle
- Les revenus
- 1941 : le salaire minimum
- 1950 : le SMIG, devenu le SMIC
- 1967 : l’intéressement
- 1988 : le Revenu minimum d’insertion devenu le RSA
- Les représentations des travailleurs
- 1936 : les conventions collectives
- 1945 : les comités d’entreprise
- 1982 : les lois Auroux
- Les droits sociétaux
- 1948 : le droit de vote des femmes
- 1965 : le droit de comptes en banque
- 1975 : le droit à l’avortement
- 1981 : l’abolition de la peine de mort
- 2013 : le mariage pour tous
- Autres
- 1918 : les allocations familiales
- 1948 : l’allocation logement devenu APL (aide personnalisé au logement)
- 1958 : l’assurance chômage
- 1985 : la loi sur le handicap
- 1986 : la loi littoral
- 2000 : loi SRU sur le logement social
- 2007 : la loi DALO droit au logement
- 2017 : critères de pénibilité au travail
voir note de bas de page 1.
J’en oublie forcément. Vous remarquerez que la plupart de ces droits ont été acquis sous des gouvernements de gauche (1936, 1945, 1981, 1997, … ) ou sont très inspirés par la gauche.
Aujourd’hui heureusement tous ces droits ne sont pas remis en cause, mais on les grignote petit à petit :
- La réforme de l’assurance chômage limitant les prestations versés.
- La suppression des critères de pénibilité au travail.
- La baisse des APL.
- La suppression des CHSCT (comité d’hygiène et de sécurité et condition de travail), alors que la France est championne en matière d’accidents du travail.
- La remise en cause permanente du code du travail avec l’ubérisation (temps de travail, salaire minimum, conditions de travail, retraite, assurance maladie, … )
- L’allongement du droit à la retraite qui passe de 60 ans en 1981 à 64 ans en 2023.
- L’allongement du temps de travail : la remise en cause permanente des 35h et l’encouragement aux heures supplémentaires par suppression des cotisations sociales, mais aussi le Pacte des enseignants qui pour leur augmenter les revenus propose de travailler plus.
- Le RSA pourrait devenir conditionnel et associé à un travail obligatoire.
- On parle régulièrement de la remise en cause de la loi littoral, qui empêcherait le développement économique du littoral (la loi du fric).
- La remise en cause de construction de logements sociaux (imposés par la loi SRU) pour laisser le marché immobilier prospérer.
- Le droit à l’avortement est remis en cause aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d’Europe.
- …
Bien-sûr cette liste n’est pas exhaustive….
Les raisons de ce repli des droits sociaux et sociétaux sont essentiellement économiques : il faut avoir un coût du travail le plus bas possible, pour maintenir le profit des entreprises et les rendre plus attractives, il faut réduire les contraintes imposées aux entreprises, et réduire les dépenses publiques. Malheureusement, cette politique n’est efficace que pour enrichir les plus riches et accroitre les inégalités.
Alors que l’on doit se battre pour de nouveaux droits (le revenu universel par exemple), il nous faut aussi et de façon permanente veiller aux droits acquis (conquis) car la réaction ne désarme jamais.
Marc-Noël Vandamme
1. Lire aussi l'article de Pierre, la gauche de gouvernement
