19 Novembre 2022
Le SDRIF 2013, malgré des objectifs en termes de solidarité et d’environnement, laissait une place importante au développement, autant démographique qu’économique, avec de grands projets d’infrastructures : le Grand Paris, Eole, etc…
Aujourd’hui, comme le souligne dans ses premières lignes l’introduction du dossier d’appel à la concertation rédigée par Valérie Pécresse, il faut se placer sur le temps long, avec comme ambition la préservation de la biodiversité et la lutte contre le réchauffement climatique : ZAN (Zéro Artificialisation Nette), ZEN (Zéro Emission Nette), et Zéro ressources nettes.
« On ne peut répondre aux défis lancés avec des solutions d’hier. » dit-elle.
Malheureusement la suite du texte nous laisse un peu pantois.
Evolution de la population
On y trouve le chiffre de 50 000 habitants de plus par an soit 0.4% par an jusqu’en 2040 : D’où provient ce chiffre ? Est-ce un objectif ? Est-ce une extrapolation des tendances passées ? Est-ce un besoin ?
Les conséquences de cette hausse sont considérables en termes d’emplois, de dimensionnement des services publics à mettre en place, des structures de mobilités, des logements …
A notre connaissance, ces chiffres proviennent de l’évolution moyenne annuelle entre 2017 et 2022. En 2021, le rythme est plutôt de 38 000 habitants supplémentaires par an (source).La crise sanitaire a semble-t-il fait évoluer cette évolution démographique et la hausse devrait être sensiblement plus faible. A minima, il semblerait plus raisonnable d’envisager plusieurs scénarii.
L’absence d’ambitions environnementales
C’est la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 qui « impose » à la Région la modification du SDRIFe et qui fixe les objectifs et les échéances à atteindre. La moindre des choses aurait été de montrer l’adhésion de la Région à cette loi et de retenir comme axes stratégiques du SDRIFe les objectifs de cette loi.
Au lieu de cela, le texte présenté est tout en nuance : d’un côté le développement l’attractivité et le rayonnement international, et de l’autre la résilience au changement climatique. On aurait souhaité une Région plus volontaire dans les domaines sociaux et écologiques. Il ne s’agit pas d’adapter la Région aux changements climatiques, mais d’en faire un acteur dans la maîtrise de ces changements.
Par ailleurs, le SDRIFe doit prendre en compte l’aménagement du territoire en termes d’éducation, de culture, et de santé ; les deux premiers termes sont absents du dossier de présentation, le dernier n’est que faiblement évoqué de façon très générale.
D’autre part, un bilan de l’application du SDRIF 2013 aurait été apprécié.
Loin d’être un simple remaniement du SDRIF 2013 pour le verdir et l’actualiser des thèmes à la mode, cette révision doit être l’occasion de fixer des objectifs prenant en compte les transitions énergétique et écologique nécessaires. Les seules forces économiques ne permettront pas de réaliser ces transitions. Seule l’implication des habitants et des pouvoirs publics y parviendra. Le SDRIFe 2040 doit en être le reflet.
Marc-Noël Vandamme
PS : vous trouverez ci-joint la contribution complète.