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La table ronde de la gauche

Déportés oubliés (suite)

Compléments historiques

-Eugène Le Corre n’a pas été déporté mais fusillé.

-C’est le 11 novembre 1941 et non 1940 que Robert Blasberg manifesta sur les Champs Elysées, selon le témoignage recueilli auprès de son père par la gendarmerie nationale en février 1945  (Archives Nationales, F9/5575).

Robert Blasberg est né le 18 mai 1920 à Colombes. Il demeurait au 7 avenue Maurice Berteaux et la boutique de ses parents se trouvait au 28 de la même rue.

Dans son témoignage, Henri Blasberg déclare : « En 1942, mon fils était étudiant à la faculté des lettres à Paris. Il avait pour cela un appartement à Paris et ne rentrait à Conflans que 2 ou 3 fois la semaine. A Paris, mon fils résidait 5 rue de la Motte Piquet dans le 15ème arrondissement. Je ne sais si mon fils appartenait à un groupe de résistance mais je sais que le 11 novembre 1941, il avait manifesté avec d’autres étudiants, avenue des Champs Elysées. Le 30 juillet 1942, mon fils a été arrêté par les services du commissariat de police du 15ème arrondissement. Il lui était reproché de ne pas porter l’étoile des juifs car on le considérait comme faisant partie de la race israélite, bien à tort et je puis prouver le contraire. Je  présume que mon fils a été l’objet d’une dénonciation car il a été appréhendé dans un hôtel de la rue de la Gaieté où il était allé passer la nuit occasionnellement.

Il a été emmené et interné au camp de Drancy, puis à celui de Pithiviers où il est resté jusqu’au 20 septembre 1942.De là il a été emmené au camp de Beaune-la Rolande, puis est revenu à Drancy. C’est de ce dernier camp qu’il m’a adressé une carte datée du 22 septembre 1942 m’annonçant qu’il allait être déporté en Allemagne. Je n’ai reçu aucune nouvelle de lui depuis cette date.

D’après une lettre qu’il a adressée à un de ses amis, Monsieur Charles Trenet, acteur au théâtre de l’ABC à Paris, il lui disait qu’il était déporté en représailles et à la suite de l’attentat commis au cinéma REX à Paris le 17 ou 18 septembre 1942. »

Robert Blasbert est déporté à Auschwitz par le convoi numéro 36 le 23 septembre 1942. Il meurt à Auschwitz le 28 septembre 1942. Il fut reconnu officiellement « Mort pour la France ».

Pournik Isaac est né le 1 septembre 1887 à Ismail en Russie. Il a épousé Adrienne Sylviane Carré. Ils sont tous deux domiciliés au 4 avenue de Bellevue à Conflans Ste Hne. Il est arrêté à son domicile le 27 juin 1941 par la police de Vichy. La veille, selon le témoignage de Madame Roquevert-Crépin, une voisine, deux policiers envoyés par le commissariat l’ont informé que les autorités allemandes avaient demandé son arrestation, « en tant qu’israélite », pour le lendemain.

Isaac Pournik est ensuite interné au fort de Romainville, durant 3 jours, puis 15 mois à Compiègne, dans l’Oise, 6 mois à Drancy, 4 mois à Beaune-La-Rolande, dans le Loiret, puis de nouveau à Drancy où il reste 3 jours.

De cette ville, il est transféré à Querqueville, dans la région de Cherbourg, à la caserne Dixmude, d’où il est déporté le 11 octobre 1943 sur l’île anglo-normande d’Aurigny – son convoi comptait 245 hommes – où il a travaillé à la construction du « Mur de l’Atlantique »

C’est en tant que juif  ayant épousé une « aryenne » qu’Isaac Pournik a été déporté sur l’ île d’Aurigny. Isaac Pournik, ayant épousé une « aryenne » selon la terminologie monstrueuse des nazis, ne pouvait être déporté en Allemagne ou dans un autre pays. A ce titre, il échappe au camp d’extermination d’Auschwitz, comme tous les « conjoints d’aryennes » et est envoyé à Aurigny.

Isaac Pournik  a été évacué avec  les juifs du camp numéro 2, le camp de Nordeney, le 7 mai 1944. Aurigny comptait 4 camps : Nordeney, Helgoland, Sylt, Borkum. Comme expliqué  plus haut, les « conjoints d’aryennes » sont détenus dans le camp de Nordeney. Les autres déportés dont des Républicains espagnols, des Résistants français ( la liste n’est pas exhaustive ) sont répartis dans les camps d’Helgoland, Sylt, Borkum.

Les « conjoints d’aryennes » déportés sur l’île d’Aurigny ont été recensés par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.

La liste de ces déportés est consultable sur le site de la FMD.

Bien que l’objet du projet de la FMD était le recensement des déportés par mesure de répression ( Résistants, politiques, raflés, otages…) ,la Fondation a choisi de prendre  en compte ce type de déportation de persécution dont les victimes n’avaient jamais été inscrites dans un mémorial français.

Serge Klarsfeld les avait laissés de côté.

Le 7 mai 1944, les déportés juifs évacuent Aurigny en bateau vers Cherbourg. Pendant 10 jours et 9 nuits, ils circulent en train de Cherbourg à Hazebrouck. Ils s’entassent à 50 par wagon. A Hazebrouck, ils sont parqués dans un hangar. Les moins valides sont envoyés au collège Mariette à Boulogne-sur-Mer.

Isaac Pournik arrive à Boulogne sur Mer le 17 mai 1944.

Battu à mort par les nazis, il décède le 22 mai 1944 au collège Mariette. Le collège Mariette est un camp de travail forcé qui  regroupe des déportés juifs réduits à l’état d’esclaves.

Les conditions de vie et de travail y sont épouvantables.

JP

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