5 Mars 2021
Pour ne pas tomber dans la facilité de parler de nombreuses femmes que toutes et tous connaissons au parcours exceptionnel, j'ai préféré mettre en avant 2 femmes peut être moins connues mais dont la courte vie (45 et 43 ans respectivement) m'a touchée particulièrement.
OLYMPE DE GOUGE (1748 / 1793)
Héroïne révolutionnaire considérée comme l'une des premières féministes s'est distinguée par son célèbre texte intitulé '' déclaration des droits de la femme et de la citoyenne '' qu'elle rédigea en 1791 à la suite de l'adoption de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Elle prônait ardemment l'émancipation féminine, réclamait un traitement égalitaire pour les femmes dans tous les domaines de la vie tant publics que privés, pouvoir prendre part à l'éducation exercer des charges politiques, l'égalité des pouvoirs dans la famille.
Elle osa revendiquer toutes ces libertés y compris dans le domaine de la sexualité. Elle s'engagea aussi contre toute forme d'esclavage et fit des propositions concrètes en faveur de la démocratie.
Elle se consacra aussi beaucoup à l’écriture.
En prenant position contre la peine de mort au moment du procès de Louis XVI puis contre Robespierre et Marat, elle signe son arrêt de mort.
Elle fut dénoncée, arrêtée, jugée condamnée le 2 Novembre 1793 et guillotinée le lendemain.
LUCIE BAUD (1870 / 1913)
Elle fut une des premières femmes syndicalistes qui en 1905 et 1906 mena courageusement et offensivement la défense des ouvrières tisseuses lors des grandes grèves dans les filatures de tissage de la soie à Vizelle et Voiron.
Elle est une de ces femmes exemplaires, héroïne du quotidien dont la vie familiale, amoureuse et militante ne fait qu'une seule vie, vie brisée par toutes les servitudes de l’époque.
C'est ainsi qu'elle mena avec courage et détermination un combat contre l'esclavage au travail dans une usine d'environ 800 tisseuses, usine dans laquelle elle travaillait depuis l’âge de 12 ans avec des cadences infernales et des horaires entre 12 et 14 h par jour.
Elle fut une des premières déléguées ouvrières au 6éme congrès national des industries textiles à Reims.
Chassée de son usine, de son logement pour sa participation active dans toutes ces grèves elle meurt à l’Age de 43 ans.
Dans ''Mélancolie ouvrière'' la cinéaste Michelle Pérot, s'efforce de faire connaître le parcours de cette ouvrière en soie du Dauphiné, rebelle et malheureusement méconnue, cette femme combative et généreuse à la destinée tragique.
NE LES OUBLIONS JAMAIS
Nicole Pradier