16 Avril 2024
La sous-traitance est parfois souhaitable : lorsqu’une entreprise ne dispose pas des ressources nécessaires pour accomplir une tâche quoi de plus naturelle que de la sous-traiter à une autre entreprise plus compétente.
Il faut quand même, avant de sous-traiter, se poser quelques questions :
En fait c’est pour des raisons financières, et non pour des raisons techniques, que souvent les entreprises sous-traitent. Les entreprises sous-traitantes exploitent plus leurs salariés : conditions de travail plus difficiles, salaires moindres, et aussi moins de formation… et ceci souvent en raison d’une moindre implantation syndicale dans ces entreprises. Et c’est ce cas qu'il faut combattre car il conduit à :
Le cas de l’implantation de la fibre optique sur notre territoire en est un exemple.
Dans le cadre d’une mise en concurrence féroce entre opérateurs, ceux-ci sous-traitent pour des raisons financières les installations (jusqu’à 8 niveaux de sous-traitance). In fine le travailleur en bout de chaine n’a ni les moyens, ni le temps, ni la compétence de faire un travail de qualité. Ce travail bâclé conduit à des dysfonctionnements (Utilisateurs débranchés au profit d’un nouvel abonné, dégradation des armoires de mutualisation, déconnexions temporaires, difficultés de raccordement, ou encore installations sous-dimensionnées par rapport à la démographie locale…) dont personne ne se sent responsable.
Certes le Gouvernement est pleinement engagé dans le Plan France Très Haut Débit qui vise à couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit d’ici à 2022, puis en fibre optique d’ici à 2025. Mais que fait-il en réalité alors que l’inégalité territoriale est encore forte ?
Des solutions existent :
C’est le sens de la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale le 8 juillet 2022 notamment par Cécile Rilhac députée Renaissance d’Herblay ou celle déposé au sénat par le sénateur communiste Patrick Chaize.
On se doit de soutenir ces propositions : c’est ce qu’a fait la municipalité d’Achères en émettant un « vœu » le 7 novembre 2023.
Les autres municipalités, dont celle de Conflans-Sainte-Honorine, pourraient en faire autant.
On peut douter que le gouvernement fasse quoi que ce soit dans ce sens. C’est contraire à son dogme de libre concurrence et de jeu du marché. On peut penser qu’à terme les sous-traitants défaillants feront faillite, que la guerre entre opérateurs conduira à la disparition de plusieurs d’entre eux, et qu'enfin les consommateurs préféreront les opérateurs de qualité aux opérateurs à bas coût, … Mais le terme peut être lointain et en attendant les travailleurs pourront être exploités et les utilisateurs insatisfaits du service rendu, ….
Marc-Noël Vandamme et Jean-Luc Huet