18 Novembre 2024
Les faits
Sanofi veut recentrer son activité sur le développement de médicaments innovants et de vaccins et ambitionne de devenir le leader mondial de l’immunologie. De ce fait il cherche à concentrer ses moyens sur ces sujets porteurs d’une forte rentabilité et abandonne le secteur de produit en vente libre, non couverts par des brevets, et de rentabilité moindre. De ce fait, il vend Opella qui fabrique le Doliprane. Les 8 milliards de cette vente serviront à investir dans les secteurs de pointe dont l’immunologie (croissance interne et externe) et une partie rémunérera les actionnaires.
Personne ne peut contester cette ambition d’innover et les besoins qui vont avec. En revanche on doit avoir un droit de regard sur l'utilisation de ces 8 milliards.
Par ailleurs CD&R, un fonds de pension américain est d’accord pour acheter Opella, une société rentable, qui ne demande pas de capacité d’innovation particulière et qu’il pourra faire fructifier, certainement pour la revendre dans quelques années, et dans le cas présent il a toutes les chances d’y arriver. La seule condition qu’il impose c’est d’être majoritaire et de pouvoir faire ce qu’il veut. Les techniques pour faire « fructifier » sont bien connues : abaisser les coûts, augmenter la productivité (c’est à dire réduire le personnel) , réduire la masse salariale, délocaliser la production,… Toutes choses que ne peut pas faire facilement SANOFI sans risque de perturber l’ensemble de la société.
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Sanofi y gagne, CD&R aussi. Qui sont les perdants ? en premier les salariés d’Opella qui risquent à terme de perdre en salaires et en conditions de travail : c’est pourquoi leur principale revendication était de rester SANOFI.
En ce qui concerne la souveraineté de fabrication du DOLIPRANE :
Toutes ces demandes du gouvernement ne contraindront en rien CD&R. Il fera ce qu’il voudra quand il le voudra.
Bref, comme d’habitude les lois de l’économie capitaliste s’imposent et les gesticulations d’Emmanuel Macron et du gouvernement ne servent à rien d’autre qu’à « communiquer ». Pour acquérir une souveraineté européenne en matière de santé : il nous faut une industrie pharmaceutique solide, européenne, contrôlée en partie par les Etats (exemple : Airbus, Ariane). Dans le jeu économique, il faut avoir la main, sinon on ne fait que subir.
Marc-Noël Vandamme