20 Avril 2024
Biogaran fait travailler 8 600 personnes chez des sous-traitants, qui fabriquent un tiers des médicaments français sous sa marque. La condamnation des laboratoires Servier en appel fin 2023 dans l’affaire du Mediator a fait plonger son résultat (9,2 millions d’euros d’amende, et surtout 415 millions d'euros de remboursements à l’Assurance-maladie et aux mutuelles).
Pour servir les actionnaires et avoir le cash nécessaire, il apparaît donc nécessaire aux laboratoires Servier de vendre les activités de production de génériques, les moins rentables.
Moralement, il ne serait pas anormal que les actionnaires, ayant profité des résultats de la vente de MEDIATOR, en payent les conséquences (amendes et remboursements) et voient pour quelques années leur dividendes diminués. Mais cela ne fonctionne pas comme cela, les actionnaires veulent toujours de la rentabilité.
Par ailleurs la vente de Biogaran conduira de la part des acquéreurs à une rationalisation de leur production et donc à une délocalisation des activités et contribuera certainement à un approvisionnement moindre de la France compte-tenu des niveaux de prix plus faibles en France.
Alors que faire ?
Le déficit budgétaire impose au gouvernement de restreindre le budget « médicaments » de la sécurité sociale et donc de limiter le prix des médicaments, et d’en limiter le remboursement.
Revenir sur la condamnation des laboratoires Servier est difficilement envisageable.
Dans la logique libérale, il n’y a pas de solution.
Une solution serait que l’Etat prenne le contrôle des laboratoires Servier à un prix raisonnable et accepte pour quelques temps une moindre rentabilité de l’entreprise pour tenir compte de l’effort nécessaire pour équilibrer les comptes de la sécurité sociale, pour donner juste réparation au scandale du Médiator et pour assurer la souveraineté de la France en termes de médicament.
Mais cela ne fera pas comme cela.
voir article du Monde du 19-04-2024
Marc-Noël Vandamme