11 Mars 2025
Plus de quatre mois sont passés depuis le 7 novembre, début du conflit qui opposait les conducteurs de bus à leur direction après la reprise de leurs entreprises, Stivo et Francedev par la société Lacroix Savac. Un hivers passé dans l'humidité, le froid et la précarité financière pour les grèvistes face à une direction qui traine les pieds et joue le pourrissement.
Des conditions de travail dégradées, des économies réalisées sur l'entretien du matériel et de l'hygiene des bus, cette grève était une lutte pour le respect des salariés et des utilisateurs, face à une braderie du service public par Francilité et la région Ile de France pour réaliser des économies financières.
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Communiqué de Stéphane Monnier : - "La grève est finie chez FSO, après 4 mois de grève des conducteurs de bus! Les accords de substitution ont été signé aujourd'hui avec l’assurance que les ex-Transdev auront le même salaire que les ex-STIVO en 2027, sans une baisse de salaire du taux horaire brut qui impactait financièrement les RTT, les congés payés, les arrêts maladie et le 13 -ème mois, compensé initialement par une indemnité différentielle progressive déguisée, garantissant soit disant le salaire brut de base!"
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Pour ce qui est du service public, la propreté dans les bus, l'entretien et la sécurité du matériel roulant, le confort minimum des chauffeurs, (poses relais toilettes, temps de repas, etc) rien ne semble acté et sera à surveiller au cours des semaines à venir pour que cette grève dure, longue et douloureuse pour les salariés et très Handicapante pour les voyageurs finisse par une reconnaissance du respect de tous.
Guy Derangère
Résumé de la grève par l'AFOC
LA GREVE DES CONDUCTEURS FSO, UNE BATAILLE EXEMPLAIRE ET HISTORIQUE !
Pendant quatre mois et trois jours les conducteurs de bus du réseau Cergy-Confluence (géré par FSO, filiale du groupe Lacroix-Savac) ont mené leur grève de manière de façon déterminée pour maintenir leurs acquis sociaux et des conditions de travail décentes.
« Un combat, dur, âpre et inédit par son ampleur» selon l'expression de l'Union Départementale Force Ouvrière du Val d'Oise qui a assuré un soutien sans faille au syndicat FO FSO pendant toute la durée du conflit.
Face au blocage de l'employeur dans les négociations, l'UD FO a obtenu du préfet de Région qu'il désigne début janvier une médiatrice (vice-présidente du tribunal administratif de Cergy Pontoise).
En mai 2024,73% des salariés de l'entreprise faisaient confiance à Force Ouvrière sur la base d'un mandat clair et précis « Maintien des acquis des salaires, des conditions de travail »
C'est le respect de ce mandat qui est le fil à plomb de leur combat, pour obtenir un accord de substitution satisfaisant !
Ils ont obtenu l'essentiel : garanties du maintien des salaires avec indexation du salaire de référence, clause de revoyure, perspective d'augmentations salariales indemnité différentielle garantie, heures de nuit payées à partir de la 1 minute, maintien de la subrogation... C'est une belle victoire !
C'est un combat exemplaire qui a réussi à tenir en échec le système pensé par Ile De France Mobilité (IDFM) responsable de l'ouverture à la concurrence des transports publics franciliens.
La « mission transports » relève de la compétence du Conseil Régional. En Ile-de- France les transports bus sont divisés en deux secteurs. Le premier, l'historique, est la RATP pour Paris intra-muros et les communes du Grand-Paris. Le deuxième est issu de la décentralisation. Au moment du transfert de la compétence, de l'Etat à la Région, il n'a pas été question d'étendre le statut de la RATP aux départements de la grande couronne. D'où cette gestion différenciée que permet la « délégation de service public » (DSP), système encore plus lucratif qu'une privatisation puisqu'il permet aux actionnaires détenant les groupes et entreprises chargés des DSP de vampiriser l'argent public (contrats de dizaines de millions d'euros versés par IDFM qui récupère également de l'argent des collectivités : communauté d'agglomération Cergy-Pontoise verse à IDFM pour le contrat FSO trois millions d'euros annuels) pour les actionnaires en toute opacité et en utilisant le coup du travail comme dernière variable d'ajustement. Ce conflit social, hors normes, a été largement soutenu par la population. Des syndicalistes d'autres secteurs professionnels et de différents syndicats sont venus sur le piquet de grève. Les députés LFI et PS de l'agglomération de Cergy-Pontoise, des élus de la communauté d'agglo, aussi. La solidarité financière organisée par l'UD-FO a joué pleinement son rôle. Les députés LFI du Val d'Oise ont interpelé V. Pécresse et le gouvernement.
La conclusion du communiqué du député LFI Aurélien Taché ouvre la voie aux combats futurs : « Alors que le réseau de transport en commun de toute l'Ile de France s'apprête à connaitre une privatisation semblable à celle qu'a connu Cergy, les grévistes de FSO doivent servir d'exemple. Face à la politique de rentabilité qui fait fi des usagers et des travailleurs : la victoire est possible, les grévistes de Cergy en sont l'exemple même »
D'autres combats sont à venir : l'AFOC 95, en défense des usagers conclut son communiqué :
« L'enjeu devient le contrôle de cette mission de service public que des entreprises assurent sous l'étiquette délégation de Service public », car ce sont bien les impôts des franciliens via la région ou via la collectivité d'Agglomération de Cergy-Pontoise qui financent le fonctionnement des transports ! ».
Une question profondément politique persiste : le contrôle de l'argent public.
Liliane Fraysse