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La table ronde de la gauche

Quand le RN s’attaque aux études et à la culture

« Je préfère voir un étudiant en alternance qu’en sociologie », évoque Marine Le Pen. 
« Ça dépend laquelle », rétorque Sébastien Chenu (député RN) lorsqu’on lui demande s’il aime la culture.
« Tout le monde n’a pas vocation à finir comme une prof de sociologie à Nanterre, moche, mal coiffée et aigrie », déclare toujours Sébastien Chenu. 

Ces déclarations, évidemment non exhaustives, de membres du Rassemblement national, auxquelles s’ajoute leur volonté de supprimer le financement du Centre national du cinéma (CNC), interrogent leur rapport aux études, plus particulièrement aux sciences sociales, et par la même occasion à la culture.

On peut, pour commencer, rappeler que celui qui se voit déjà à l’Élysée l’an prochain n’a lui-même effectué qu’une seule année d’études supérieures, une expérience a priori suffisante pour se forger une opinion sur certaines filières.

Au-delà de ces phrases chocs visant à faire débat et à déplacer les termes du débat public, ces prises de position révèlent quelque chose de plus profond.

Sciences sociales : une cible politique du RN

Le premier point que nous allons aborder concerne les études. Les prises de position de membres du RN opposent deux visions :

• d’un côté, des formations professionnalisantes comme l’alternance, présentées comme utiles, concrètes, proches du “réel”
• de l’autre, des disciplines comme la sociologie, perçues comme abstraites, idéologiques, voire inutiles

Pourtant, cette valorisation de l’alternance n’est pas sans contradiction. Marine Le Pen en fait « une voie royale », tout en ayant pris position contre certaines mesures favorables aux apprentis, notamment en matière de fiscalité.

La phrase de Sébastien Chenu à l’égard des professeures de sociologie ne se limite pas à une critique académique. Elle véhicule aussi une dimension sexiste et méprisante du corps enseignant. À travers cette déclaration, ce sont à la fois un savoir et celles et ceux qui le produisent qui sont disqualifiés.

Cette dévalorisation des savoirs critiques tels que la sociologie s’explique par la fonction même de cette discipline. La sociologie vise à comprendre, interroger et remettre en cause le monde social. C’est précisément cela qui dérange.

À partir d’enquêtes, de données et de méthodes rigoureuses, elle analyse :

• les inégalités
• les rapports de domination
• les mécanismes de reproduction sociale

Elle permet notamment de déconstruire certaines théories tant aimées de l’extrême droite tel que le « grand remplacement » ou encore « l’assistanat » qu’ils rabâchent à longueur de plateaux télés.

Culture : un autre front

Cette critique s'étend aussi à la culture. Cinéma, théâtre, littérature sont des espaces qui ont aussi pour fonction d’interroger, de critiquer et de faire réfléchir, plus largement de participer à une émancipation intellectuelle.

• Éric Zemmour a proposé de supprimer le ministère de la Culture

• Sébastien Chenu (oui toujours lui) évalue une œuvre à son succès commercial, réduisant la culture à une logique de marché (selon le député du Nord, l’un des films français les plus réussis serait God Save the Tuche, au regard de son nombre d’entrées)
• d’autres critiquent le PASS culture, le considérant comme « wokiste », qui permet aux jeunes de bénéficier de 300 euros pour accéder à des livres, du théâtre ou des pratiques artistiques, autant d’outils favorisant l’esprit critique

Cette logique n’est pas propre à la France, des exemples étrangers gouvernés par l’extrême droite permet de saisir concrètement leurs intentions : 

• En Hongrie, Viktor Orbán a contraint la Central European University à quitter le pays en 2018 et a renforcé le contrôle sur certaines institutions culturelles.
• Aux États-Unis, sous Donald Trump, des pressions sont exercées sur le monde académique et culturel, notamment à travers la suppression de programmes liés à la diversité (DEI), l’interdiction d’utiliser certains mots dans des rapports d’experts incluant des termes comme « science du climat, crise climatique, handicap, diversité, antiraciste, genre, violence existe… » ou encore la remise en cause du financement des universités.

• En Italie, Giorgia Meloni a engagé une réorientation de certaines politiques culturelles, notamment en réduisant des subventions dans le secteur du cinéma et en modifiant la gouvernance d’institutions publiques.

Ces logiques fascistes ont pour but de contrôler la culture et d’orienter les représentations à travers un récit  construit.

Face à ces prises de paroles et ces exemples concrets de leur homologue étrangers nous savons à quoi nous attendre si le RN passe à la tête de la France : un contrôle des masses et une censure de la culture.

Maxime POCHET

Sources :

-Le RN veut la fin des aides au cinéma, et son projet est digne des plus grands nanars, article du Nouvel Obs, par  Guillaume Loison, publié le 26 novembre 2025 à 12h50

-https://mrmondialisation.org/france-des-assistes-9-arguments-contre-ce-prejuge/

-https://academia.hypotheses.org/56975

- Aux Etats-Unis, les politiques de promotion de la diversité dans les entreprises reculent sous l’influence de Donald Trump, article du Monde, par Caroline Talbot (New York, correspondance), publié le 12 février 2025 à 06h30

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V
Avec le réseau d'écoles "Excellence ruralités", financé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, l'extrême droite développe des écoles hors contrat dans le monde rural où elle enseigne son idéologie. voir le monde du 8 mai https://journal.lemonde.fr/data/5499/reader/reader.html?t=1778521496732#!preferred/0/package/5499/pub/8061/page/10/alb/301888
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T
"Quand j'entends le mot culture, je sors mon révolver" ! C'est digne de cette rhétorique !<br /> Chasser le naturel, il revient au galop.
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