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La table ronde de la gauche

Emmanuel Macron, anti -social

Ces derniers jours, le gouvernement a signifié aux partenaires sociaux que la réforme de l’assurance chômage, un momentEmmanuel Macron, anti -social suspendue en raison de la crise sanitaire, entrerait en vigueur dès le mois de juillet 2021. Cela conduit à une baisse de des allocations chômage de plus de 1.3 milliards d’euros, autant que les chômeurs ne toucheront plus. Un peu plus de 800 000 personnes, essentiellement les plus précaires (intérimaires, saisonniers, travailleurs en extra, …) sont susceptibles de subir une baisse notable de leur allocation chômage. Dans le même temps les mesures pour réduire les emplois précaires sont différés d’un an.

 

Certes les comptes de l’assurance chômage, déjà pas très brillants fin 2019, se sont aggravés en 2020 (baisse des recettes avec la baisse d’activités, augmentation des dépenses avec l’augmentation du chômage et le cofinancement avec l’Etat du chômage partiel). Aujourd’hui, la dette est « trop lourde à porter pour le seul régime » et le régime est dans l’incapacité de se désendetter par ses propres moyens rapporte la cour des comptes. Elle préconise « une reprise » de la dette par les pouvoirs publics, d’autant plus que ce trou résulte très largement « de mesures exceptionnelles » prise par le gouvernement pour soutenir l’économie.

Peut-on réellement penser que l’activité économique sera repartie fortement en juillet 2021 et que le plein emploi sera revenu (que le chômage aura considérablement diminué) alors que l’on annonce, pour les semaines qui viennent, nombre de faillite ? Ne pouvait-on attendre de voir cette activité économique répartie pour rediscuter de cette réforme, la crise sanitaire ayant montré clairement les dysfonctionnements que provoquerait cette réforme ? « J’ai l’impression de discuter avec des gens qui considère que la terre est plate » dit le leader de la CFE-CGC. 

Non, il fallait montrer que le gouvernement continue comme avant la crise à appliquer ces réformes libérales et anti-sociales en profitant de la situation exceptionnelle de déficit qu’il a créé. C’est un geste politique fort quoiqu’il en coûte aux plus précaires. 

Voir le journal Le Monde du 4 mars 2021 : la réforme de l’assurance chômage, le gouvernement abat ses cartes

Voir le journal Le Monde du 4 mars 2021 : assurance chômage, les demandeurs d’emploi concernés vont avoir un lourd sentiment d’injustice  

Voir le Monde 20/03/2021 : la cour des comptes plaide pour une reprise par l’Etat d’une partie de la dette de l’assurance-chômage

 

Marc-Noël Vandamme  

 

 

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M
Le mercredi 12 mai le gouvernement émettait une nouvelle version de sa réforme de l'assurance chômage. Il s'agissait par la mise en place d'une véritable usine à gaz (avec dans certains cas le calcul d'un revenu fictif...) de corriger certaines anomalies des versions précédentes. <br /> Cette nouvelle version est contraire au code du travail selon une note de l'UNEDIC. <br /> Faut-il donc être têtu et buté ? <br /> "une nouvelle fois, le gouvernement démontre sa précipitation à vouloir mettre en oeuvre une réforme, au mépris des mises en garde et de l'opposition des organisations syndicales sur les conséquences de celle-ci, qui vont toucher les demandeurs d'emploi les plus précaires et les femmes " Michel Beaugas secrétaire confédéral sur l'assurance-chômage de FO. <br /> voir le Monde du 15 mai 2021 : nouveau risque juridique pour la réforme de l'assurance-chômage 
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M
Incroyable : la ministre du travail, Elisabeth Borne, dit avoir découvert des incidences "indésirables" de cette réforme quelques jours avant la publication du décret du 30/03/2021. Elle reconnait que cette réforme engendre "des effets non voulus" pénalisant plusieurs catégories d'actifs. <br /> Malgré l'absence de consensus sur ces mesures, l'exécutif a maintenu le cap pour prouver que, sur le champ du social, l'ambition transformatrice demeurait vivace, jusqu'au dernier quart d'heure " selon l'expression d'Emmanuel Macron. <br /> Ce n'est pas des ajustements à la marge qu'il faut, c'est l'annulation de la réforme dans son ensemble ! <br /> voir Le Monde du 21/04/2021 
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M
Des économistes qui avaient soutenu Macron en 2017 jugent sévèrement ces nouvelles règles : voir le journal Le Monde du 2/04/2021<br /> <br /> "engager une réforme conçue avant la crise , même si elle a été amendée, c'est donner le sentiment que le gouvernement ne prend pas la mesure de tout ce que la pandémie a bouleversé"  Jean Pisani -Ferry<br /> le nouveau mode de calcul repose sur l'idée fausse qu'il existerait "un chômage essentiellement volontaire ce qui est encore moins le cas avec la pandémie" Philippe Aghion <br /> il n'est guère "opportun" de conduire un tel projet, tant que l'économie mondiale n'est pas tiré d'affaire. Gilbet Cette<br /> <br /> De plus le gouvernement envisage de revoir la gouvernance de l'assurance chômage : <br /> <br /> <br /> Dans une note publiée mardi 12 janvier, le Conseil d’analyse économique (CAE), placé auprès du premier ministre, suggère de réintroduire l’État dans la gestion de l’assurance-chômage, mettant ainsi fin au paritarisme institué depuis 1958.<br /> <br /> <br /> La gouvernance de l'assurance-chômage dans le viseur de la Cour des comptes La Tribune 19/03/2021<br /> <br /> <br /> De plus est en train de se préparer une proposition de loi organique dont l’une des ambitions est d’étendre le champ des lois de financement de la Sécurité sociale (LFSS) à l’assurance-chômage : ainsi, le système qui assure un revenu de remplacement aux personnes privées d’emploi pourrait être mieux contrôlé par le Parlement et par l’Etat.<br /> <br /> <br /> Enfin, le gouvernement va bientôt ouvrir une concertation avec les syndicats et le patronat sur la gouvernance de l’Unédic.<br /> <br /> <br /> Face à cette attaque en règle, les syndicats ont réagi avec "un projet de position commune", qui a eu l'accord de tous sauf du MEDEF. <br /> voir Le Monde du 30/03/2021
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