20 Mars 2021
Ces derniers jours, le gouvernement a signifié aux partenaires sociaux que la réforme de l’assurance chômage, un moment
suspendue en raison de la crise sanitaire, entrerait en vigueur dès le mois de juillet 2021. Cela conduit à une baisse de des allocations chômage de plus de 1.3 milliards d’euros, autant que les chômeurs ne toucheront plus. Un peu plus de 800 000 personnes, essentiellement les plus précaires (intérimaires, saisonniers, travailleurs en extra, …) sont susceptibles de subir une baisse notable de leur allocation chômage. Dans le même temps les mesures pour réduire les emplois précaires sont différés d’un an.
Certes les comptes de l’assurance chômage, déjà pas très brillants fin 2019, se sont aggravés en 2020 (baisse des recettes avec la baisse d’activités, augmentation des dépenses avec l’augmentation du chômage et le cofinancement avec l’Etat du chômage partiel). Aujourd’hui, la dette est « trop lourde à porter pour le seul régime » et le régime est dans l’incapacité de se désendetter par ses propres moyens rapporte la cour des comptes. Elle préconise « une reprise » de la dette par les pouvoirs publics, d’autant plus que ce trou résulte très largement « de mesures exceptionnelles » prise par le gouvernement pour soutenir l’économie.
Peut-on réellement penser que l’activité économique sera repartie fortement en juillet 2021 et que le plein emploi sera revenu (que le chômage aura considérablement diminué) alors que l’on annonce, pour les semaines qui viennent, nombre de faillite ? Ne pouvait-on attendre de voir cette activité économique répartie pour rediscuter de cette réforme, la crise sanitaire ayant montré clairement les dysfonctionnements que provoquerait cette réforme ? « J’ai l’impression de discuter avec des gens qui considère que la terre est plate » dit le leader de la CFE-CGC.
Non, il fallait montrer que le gouvernement continue comme avant la crise à appliquer ces réformes libérales et anti-sociales en profitant de la situation exceptionnelle de déficit qu’il a créé. C’est un geste politique fort quoiqu’il en coûte aux plus précaires.