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La table ronde de la gauche

Entreprises et Plans sociaux (2)

Le dossier d’ "Alternatives économiques" fait deux constats :

·         Il peut s’agir de très grandes entreprises comme de moins grandes voire petites, certaines constituant des fleurons du made in France reconnus internationalement.

·          Le COVID a frappé des secteurs essentiels pour certaines régions comme l’aéronautique dans le Val de Loire ou l’automobile en Haute-Savoie mais aussi des entreprises en Vendée ou dans les Hauts de France.

UN FLORILEGE DE QUELQUES ENTREPRISES

SANOFI 

En décembre 2019, à l’orée de la crise sanitaire, SANOFI a annoncé un plan d’économie avec 1700 suppressions d’emploi dont 1000 en France. Le plan s’appuie sur le recours aux ruptures conventionnelles collectives (RCC).

Cependant, il s’inscrit dans une conjoncture favorable de l’entreprise : En 2019, une croissance de 2,8% du chiffre d’affaire (36,1 milliards), un résultat net de 7,5 milliards et 4 milliards de dividendes redistribués aux actionnaires.

Ainsi, « l’aubaine » du COVID 19 sur l’activité du groupe ne remet pas en cause le plan d’économies, la direction de SANOFI  affirmant que «  la crise sanitaire le légitime encore davantage ». Pourtant, avec l’agroalimentaire et l’e-commerce, l’industrie pharmaceutique n’est-elle pas parmi les grands gagnants de la crise sanitaire ?

MECANOCHROME

Implantée dans le Val de Loire et spécialiste de l’équipement aéronautique, cette entreprise « déstocke » massivement des salariés. Elle présente fin septembre 2020 un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) entraînant  la suppression de 306 postes sur 950 pour la branche française.

Dans le monde, l’entreprise réduit au Canada, au Maroc et en Tunisie ses effectifs de 40%.

Mecanochrome n’est pas la seule entreprise, la région du val de Loire a connu une série de plans sociaux provoquant plus de 3000 suppressions d’emploi au 2ème trimestre 2020 (estimations URSSAF).

Pour François Bonneau, Président du conseil régional, le taux de chômage passera de 8% avant la crise sanitaire à 12% en 2021.

AUCHAN

Dans le nord, Auchan a annoncé la suppression de 1475 emplois assurant que cette mesure résulte de la crise du modèle de l’hypermarché et non de celle du COVID 19. La direction précise qu’elle a fait l’erreur de ne pas développer les magasins de proximité.

Cette annonce fait suite à un plan de départs volontaires (PDV) en janvier 2020 qui a concerné 500 salariés et la vente de 21 sites menaçant  700 emplois.

Certes 1000 postes ont été créés dans les magasins de proximité mais ils n’équilibrent pas les 1475 licenciements.

AIRBUS

Fin juin, le constructeur a annoncé son intention de supprimer 5000 emplois en France dont 3600 à Toulouse. Une onde de choc pour les sous-traitants et les prestataires de service dont la société « Latécoère », 1er sous-traitant, qui a annoncé la suppression de 475 postes sur un effectif de 1504 salariés (la quasi-totalité en Occitanie).

ROSSIGNOL

Cette société est un fleuron dans la fabrication de skis à l’international. Elle annoncé en septembre 2020 son projet de supprimer 61 postes dans l’usine de Sallanches et 31 sur deux sites en Isère. Elle compte aussi délocaliser en Espagne une partie de sa production.

Ces mesures s’inscrivent dans un contexte où le groupe a bénéficié d’un prêt garanti par l’Etat et fait appel à l’activité partielle (remboursement par l’Etat des heures chômées) pendant le confinement pour la moitié de ses effectifs.

BENETEAU

Autre symbole de l’industrie française, et leader de l’industrie nautique, Beneteau compte, pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire, « réduire ses capacités de production. Sur un effectif de 8300 salariés en France, aux Etats unis, en Pologne, en Italie et en Chine, Beneteau va céder ou suspendre 5 sites dont 3 en France.

Sans que le nombre des suppressions d’emplois ne soit connu, c’est en Vendée et dans une quinzaine de sites où le groupe compte 4000 salariés que les suppressions de postes se concentreront.

Emanuel Landreau, délégué syndical central CFDT, constate «…la situation n’est si dramatique qu’on voudrait nous le faire croire. La pandémie sert d’alibi à un plan de restructuration qui était déjà dans les cartons ».

FRANCK ET PIGNARD

Implantée en Haute-Savoie, cette entreprise est spécialisée dans le décolletage (transformation des barres de métal en vis, écrous engrenages) utilisé dans l’industrie automobile et dans l’aéronautique.

A l’orée de la pandémie du COVID 19, le groupe a connu des situations difficiles : 3 rachats successifs, 2 dépôts de bilan et 2 plans sociaux en 2007 et 2008.

Aujourd’hui, ce sont 237 salariés qui seront licenciés. 130 emplois seulement seront conservés. A rapprocher des 1200 salariés que comptait l’entreprise en 2000.

Une situation  économique préexistante que la crise sanitaire a amplifiée sans oublier des choix technologiques et une gestion hasardeux.

 

 

UNE DESTRUCTION MASSIVE DES EMPLOIS EN France

Sandrine Foulon (Alternatives économiques) fait le compte des emplois perdus :

·         Au 31/3/2020, 500 000 emplois supprimés

·         Auxquels s’ajoutent 20 000 emplois « passés à la trappe » au 2ème trimestre 2020

En France et sur les 6 mois, les emplois perdus s’élèvent à 700 000.

Un avenir inquiétant pour l’activité économique dont on ne sait pas si elle redémarrera réellement et quand mais surtout pour les salariés qui seront gravement touchés par le chômage.

Sans parler de l’avenir des entreprises sous-traitantes qui subiront mécaniquement et de plein fouet les conséquences des suppressions d’emploi et des restructurations décidées par les entreprises qui font appel à la sous-traitance.

 

Sources : Alternatives économique n° 407 de décembre 2020- dossier spécial sur les plans sociaux à retrouver également sur le site : frama.link/Uy1Fj1Fv   

PB

 

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