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La table ronde de la gauche

La politique de la ville

La politique de la ville

La Cour des Comptes a publié un rapport pour évaluer l’impact des politiques publiques sur dix ans (2008-2018). Le constat est sans appel : en dépit des moyens financiers et humains déployés,

  • l’amélioration du bâti ne suffit pas à réduire les inégalités,
  • les quartiers prioritaires ont connu un recul économique et commercial,
  • l'absence d’une véritable « politique de peuplement » (les familles les moins défavorisées quittent ces quartiers et sont remplacées par des familles plus pauvres : dès lors toute mixité est impossible),
  • l’insécurité, réelle ou ressentie, y règne,
  • les élèves continuent à avoir des résultats scolaires inférieurs à la moyenne malgré une amélioration,
  • les moyens déployés par l’Etat et les collectivités au titre du droit commun (services publics, et autres)répondent insuffisamment aux besoins spécifiques.

 

NB : il faut savoir :

  • en 1999, ces quartiers enregistraient 25.5% de chômeurs de – de 25ans et qu’aujourd’hui ce chiffre est passé à 47% avec 39% de jeunes sans diplôme et 55% de femmes inactives.
  • les populations de ces quartiers sont essentiellement composées de familles nombreuses, monoparentales, de 3 fois plus de familles étrangères, des plus fragiles et précaires économiquement
  • les mots utilisés sont : désertification des commerces, ségrégation à l’embauche, ghettoïsation des populations les plus modestes, absence d’équipements et services publics et de droit commun, chômage, décrochage scolaire, isolement, pauvreté, logique de zonage (ZUP,ZEP, ZUS,REP, zones franches, ..), manque de réhabilitation et d’entretien des immeubles et des espaces, 

NB : Il faut savoir aussi que le département le plus pauvre de France métropolitaine (la Seine Saint-Denis) est le département qui reçoit le moins de protection sociale par habitant et le huitaine contributeur au financement de la protection sociale.

Article du Monde du 5 décembre 2020. 

Pourtant il y a 3 ans, le 14/11/2017, Emmanuel Macron appelait à une « mobilisation nationale pour les villes et les quartiers » et charger Jean-Louis Borloo de « remettre les gants ». Mais le 28 mai 2018, le plan Borloo se faisait retorquer par le président, en présentant un plan d’actions bien en deçà des propositions du plan Borloo. « En giflant publiquement Borloo, c’est nous tous, qui avions travaillé à l’élaboration de ce rapport, qu’il a blackboulés, et ce sont les quartiers qu’il a lâchés, estime Frédéric Leturque, maire (Les Centristes) d’Arras.

Le président de la République s’est félicité dans son discours des Mureaux le 2/10/2020 d’avoir mis en œuvre « plus des trois quarts » des propositions du plan Borloo. « C’est un mensonge tellement énorme qu’on ne peut pas laisser passer » tonne André Laignel, maire socialiste d’Issoudun (Indre), une affirmation qui a fait « tomber du placard », selon l’expression de Catherine Arenou, maire DVD de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). 

 En fait les élus concernés parlent plutôt de « mesurettes », de « bricolages », de « rafistolage », très loin des « « ambitions initiales ». Ils sont plus de 180 à réclamer à Emmanuelle Macron, dans une lettre du 18 novembre 2020, de cibler 1 milliard dans les 100 milliards du plan de relance pour défendre « l’égalité des quartiers populaires ». 

 Article du Monde du 13/11/2020

 Le premier Ministre, pour éviter toute rébellion d’élus dans cette période, s’est empressé de promettre par un tour de passe-passe, de leur donner satisfaction. Il suffit « d’étiqueter » politique de la ville ce qui était déjà prévu « mesures destinées aux jeunes éloignés de l’emploi, les primes à l’embauche, les aides à la rénovation des bâtiments… »

Les élus ne sont pas dupes : « Il y a des annonces au niveau national, mais il existe un véritable décalage avec la réalité du terrain », Gilles Leproust, maire (PCF) d’Allonnes (Sarthe). Ils « tiendront une réunion tous les mois et une autre chaque trimestre, dédiée à l’évaluation des politiques publiques et à l’affectation du milliard d’euros du plan de relance »

Le premier Ministre, pour éviter toute rébellion d’élus dans cette période, s’est empressé de promettre par un tour de passe-passe, de leur donner satisfaction. Il suffit « d’étiqueter » politique de la ville ce qui était déjà prévu « mesures destinées aux jeunes éloignés de l’emploi, les primes à l’embauche, les aides à la rénovation des bâtiments… »

Les élus ne sont pas dupes : « Il y a des annonces au niveau national, mais il existe un véritable décalage avec la réalité du terrain », Gilles Leproust, maire (PCF) d’Allonnes (Sarthe). Ils « tiendront une réunion tous les mois et une autre chaque trimestre, dédiée à l’évaluation des politiques publiques et à l’affectation du milliard d’euros du plan de relance »

Article du Monde du 23/11/2020

 La gauche, ancrée dans ses valeurs d’émancipation, de justice sociale doit impérativement se ressaisir de cette question. Elle en a le devoir.

 

 

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P
Cela fait des décennies que l’absence des politiques publiques de la ville où leur insuffisance lorsqu’elles existent , fait le jeu de l’extrême droite qui l’exploite .<br />  
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M
On sait ce qu’il faut faire :<br /> <br /> Rénovation urbaine : non seulement rénovation des bâtiments mais réhabilitation et entretien des immeubles et des espaces.<br /> Mixité sociale : à faire appliquer<br /> Augmentation du budget de l’Etat dans ce domaine <br /> Une véritable politique sociale et de santé publique en faveur des plus démunis<br /> Redynamisation des quartiers par le commerce, la mobilité, les transports, les services publics, la culture, l’animation…tout ce qui s’est vu disparaître du paysage de ces quartiers lentement mais sûrement.<br /> Création de lieux de vie pour la jeunesse, de services jeunesse prônant la citoyenneté, les valeurs de la République, l’égalité des chances…<br /> La possibilité pour ces villes qui hébergent ces populations de ne pas subir la triple peine (taxes locatives exorbitantes, diminution des services publics, nombre de logements sociaux importants…) en révisant les bases des taxes.<br /> Sécurité et la Présence d’une police de proximité<br /> Priorité aux moyens supplémentaires de l’Etat et des collectivités aux villes concernées pour soutenir les élus dans cette mission.<br /> Engagement des entreprises à être aidée pour l’accueil d’un jeune sans emploi issu d’un quartier.<br /> Reconnaissance et intérêt portés à ces populations par l’engagement, la place dans la cité, la participation à la prise de décisions…<br /> <br /> On sait aussi que les résistances aux changements vont être fortes : <br /> <br /> Intérêt des communautaristes de garder la main mise sur ces quartiers et d’en faire des zones hors République,<br /> Intérêt des trafiquants de réaliser tranquillement leur trafic juteux, <br /> Méfiance des populations de ces quartiers, souvent échaudés par les politiques précédentes,<br /> Volonté du reste de la population de ne pas voir la misère de ces quartiers et donc de les ghettoïser,<br /> Volonté des riches de maintenir des ghettos de riches où il fait bon vivre. <br /> <br /> Donc nous seulement il faut la volonté de mettre en œuvre les réformes mais aussi se préoccuper de la façon de les mettre en œuvre avec une forte implication des populations locales.
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