13 Novembre 2020
LA LAÏCITE INTRODUCTION, DEFINITION,PRINCIPE ET VALEUR
INTRODUCTION
La laïcité est certainement la valeur la plus importante et symbolique à laquelle sont attachés les français.
C’est un idéal et un principe qui consacre la neutralité de l’Etat, la garantie de la liberté de culte, l’affirmation et la primauté de la liberté de conscience, et ce, pour construire l’égalité républicaine.
La laïcité française marque un progrès inestimable pour la reconnaissance de l’athéisme au-delà des croyances religieuses.
Par les valeurs universelles sur lesquelles elle s’appuie, la laïcité française est quasiment unique dans le monde ; La Grande Bretagne et les Etats unis notamment, ont choisi un modèle séculariste fondé sur le primat de la liberté religieuse qui exclut celle de ne pas croire. (L’athéisme est nié et rejeté).
Par son caractère universel et unique, la laïcité française est moquée, attaquée et systématiquement critiquée et remise en cause au motif d’être persécutrice et attentatoire aux libertés religieuses.
En France, la laïcité française a toujours trouvé des défenseurs zélés et sincères, persuadés des valeurs universelles de liberté et d’égalité qui constituent son fondement dont l’origine revient à la diffusion de l’esprit des lumières (Voltaire, Jean Jacques Rousseau …….).
A l’inverse, la laïcité a de tous temps été combattue par les partis politiques de droite et par l’église catholique qui n’ont jamais accepté un « Etat sans Dieu » et, pour le culte catholique, de devoir abandonner sa toute-puissance sur l’Etat et sur l’école.
Dans son histoire, la laïcité a « subi » des conceptions « à géométrie variable » (Caroline Fourest, « le génie de la laïcité »- 2016, Grasset). Celles de droite l’ont affaiblie au profit de certains cultes (catholique notamment). La loi Debré de 1959 et la régression spectaculaire de la laïcité sous la présidence Sarkozy de 2007 à2011, en sont des exemples. La violence et l’intransigeance de l’épiscopat français et du Vatican, permanentes dans le temps et jusqu’à nos jours, en est un autre exemple.
Au XX -ème siècle et au XXI -ème siècle, la laïcité se heurte, outre le culte catholique, à la question de l’Islam dans une forme nouvelle ; celle d’une radicalisation intolérante et intégriste sur le plan religieux (Les frères musulmans, les salafistes par exemple) mais aussi sur le plan politique (Al-nostra, , Daech, Al-Qaïda).
La remise en cause de la laïcité par ces mouvements extrémistes aboutit à des conflits sociétaux graves (le voile, le foulard, les prières dans la rue…..).Mais surtout à l’explosion, en France et dans le monde, d’une violence armée (tous les attentats de Daech et d’Al-Qaïda).
Compte tenu de ce conteste, des questions se posent :
• La laïcité telle que conçue par la III -ème République et consacrée par la loi de 1905, est-elle inadaptée aujourd’hui ?
• Faut-il revoir les principes fondamentaux de la laïcité : la non reconnaissance et le non subventionnement des cultes, la primauté de la liberté de conscience, pour aller vers un modèle britannique ou américain, un modèle séculariste basé sur la primauté de la liberté religieuse au dépens de l’égalité ?
• Face aux polémiques sociétales et idéologiques des mouvements des mouvements religieux intégristes et sectaires de l’Islam, face aux violences et aux attentats des organisations politiques et terroristes de l’Islam radicalisé, la laïcité devra-t-elle rester ferme sur les grands principes qui la fondent ou devra-t-elle, au contraire, céder et s’ouvrir pour aller dans le sens d’une forme de reconnaissance du culte musulman quitte à renier le principe de non reconnaissance des cultes consacré par la loi de 1905 ?
D’une manière générale, face à tous les intégrismes (du culte catholique ou musulman), la laïcité :
• Devra-t-elle s’ouvrir, s’adapter, être « toilettée » et accommodée pour prendre en compte les conflits qu’elle est accusée de provoquer ?
• Doit-t-elle rester fidèle à son histoire et à l’esprit progressiste et républicain de ses initiateurs qui ne voulaient « ni capitulation ni persécution » ?
LA LAÏCITE, DEFINITION, PRINCIPE ET VALEUR
La laïcité est définie par « le robert » comme le principe de séparation de la société civile et de la société religieuse, l’Etat n’exerçant aucun pouvoir religieux et les Eglises, aucun pouvoir politique.
La qualification de « principe » appliquée à la laïcité est importante au regard de la définition du principe : une vérité générale et fondamentale sur laquelle d’autres découlent ou dont elles sont dérivées, le principe ayant une valeur plus large que la loi par exemple, voire intemporelle.
La laïcité, en tant que principe, est aussi un idéal qui distingue le pouvoir politique de celui des organisations religieuses :
• L’Etat reste neutre
• Il garantit la liberté des cultes
• Il affirme la liberté de conscience qui inclut la liberté religieuse
• Il ne place aucune opinion (religieuse, athée, agnostique, libre penseur) les unes au-dessus des autres pour construire l’égalité républicaine.
La laïcité ne consiste pas à combattre les religions mais à empêcher leur influence dans l’exercice du pouvoir politique et administratif. Elle renvoie donc les idées philosophiques et spirituelles au domaine de la conscience individuelle (liberté de conscience) et à la liberté d’opinion.
Plusieurs grands textes fondamentaux consacrent le principe de la laïcité en France et ceux de la liberté religieuse, de conscience et d’opinion.
L’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen stipule que :
• « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
Dans le même sens, l’article 1er de la loi du 9/12/1905 précise que :
• « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ».
L’affirmation de la laïcité, c’est-à-dire de la France comme « République laïque », séparée des cultes, est constitutionnalisée par la constitution de la IV -ème République du 27/10/1946 et par la constitution de la V -ème République de 1958 :
• « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée ».