20 Avril 2021
Depuis les théories de Milton Friedman en 1968, on applique, dans la plupart des pays occidentaux, des politiques d’austérité budgétaire, cherchant à réduire le taux d’inflation en freinant la croissance. Cette façon de faire permet de maintenir un taux de chômage important, ce qui conduit à accroître la pression sur la masse salariale. Ces thèses, généralisées à partir des 1980, ont conduit à :
C’est une politique de l’offre qui cherche à favoriser les entreprises et les entrepreneurs afin de les rendre plus compétitifs.
La théorie du ruissellement, prétendant que si l’économie se porte bien, et que les entreprises réalisent des profits, les pauvres en profitent aussi, automatiquement par ruissellement, a montré ses limites. En fait cela a abouti à un accroissement des inégalités, l’enrichissement des plus riches se faisant au détriment des plus pauvres.
D’autres thèses économiques proposent d’autres politiques : il s’agit notamment de l’expansion a tout va mis en place aux Etats-Unis avec le plan de relance colossal mis en place par l’administration Biden. Ce plan de relance représente aux Etats-Unis plus de 4 000 milliards de dollars, du jamais vu ! Ce plan de relance vise en même temps :
Cette politique, qui favorise les plus défavorisés, provoque un accroissement des consommations et en même temps un accroissement des richesses produites par les entreprises. Cela conduit à une reprise de l’économie, s’accompagnant d’une baisse du chômage, de l’augmentation des salaires. Tout ceci s’accompagne d’une baisse des inégalités sociales. Le financement de cette relance repose essentiellement sur la dette et la création monétaire (voir partie 2).
En revanche si la reprise n’est pas au rendez-vous, l’argent injecté dans l’économie risque :
Ces difficultés montre combien la maîtrise de cette relance est importante :
Nous verrons comment les Etats-Unis réussissent cette relance.
En Europe, on est bien plus timide. L’Europe s’est engagé dans un plan de relance commun de 750 milliards d’euros (qui a quand même du mal à se mettre en place). Une relance sociale, salariale et écologique s’impose, mais le gouvernement se refuse à une relance par la consommation, essentiellement en raison de reflexes acquis dans la période d’austérité budgétaire.
Face à cela les propos de Bruno Le Maire et en général de la droite montrent qu’ils n’ont pas changé de paradigme : il faudra réduire ces prochaines années la dépense publique. Une telle position reste dans la ligne d’austérité budgétaire des décennies passés, pour permettre :
Ils pensent ainsi renforcer l’économie libérale et permettre son développement autonome après un plan de relance le plus bref possible. Le rapport Arthuis paru le 28/03/2021 se place résolument dans cette approche « orthodoxe ».
Il nous appartient de combattre la politique d’austérité, prônée par Bruno Lemaire et le gouvernement, qui par le passé a conduit au déclin de l’Europe et à l’accroissement des inégalités sociales.
Marc-Noël Vandamme