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La table ronde de la gauche

Plans de relance

Depuis les théories de Milton Friedman en 1968, on applique, dans la plupart des pays occidentaux, des politiques d’austérité budgétaire, cherchant à réduire le taux d’inflation en freinant la croissance. Cette façon de faire permet de maintenir un taux de chômage important, ce qui conduit à accroître la pression sur la masse salariale. Ces thèses, généralisées à partir des 1980, ont conduit à :

  • une augmentation du chômage et des emplois précaires,
  • une diminution des services publics,
  • une recherche à la compétitivité à tout prix pour les entreprises.

 

C’est une politique de l’offre qui cherche à favoriser les entreprises et les entrepreneurs afin de les rendre plus compétitifs.

La théorie du ruissellement, prétendant que si l’économie se porte bien, et que les entreprises réalisent des profits, les pauvres en profitent aussi, automatiquement par ruissellement, a montré ses limites. En fait cela a abouti à un accroissement des inégalités, l’enrichissement des plus riches se faisant au détriment des plus pauvres.

D’autres thèses économiques proposent d’autres politiques : il s’agit notamment de l’expansion a tout va mis en place aux Etats-Unis avec le plan de relance colossal mis en place par l’administration Biden. Ce plan de relance représente aux Etats-Unis plus de 4 000 milliards de dollars, du jamais vu ! Ce plan de relance vise en même temps :

  • de booster la demande en aidant les ménages  (on parle de « monnaie hélicoptère », somme directement versée à chaque individu),
  • d’aider les investissements et ainsi de favoriser l’offre concernant les infrastructures publiques, la transition écologiste et le redéploiement industriel. . "Cela permettra aux petites entreprises de garder leurs employés et s'assurer qu'elles seront prêtes à redémarrer quand l'économie rouvrira", a assuré Joe Biden le 22 mars 2020.

 

Cette politique, qui favorise les plus défavorisés, provoque un accroissement des consommations et en même temps un accroissement des richesses produites par les entreprises.  Cela conduit à une reprise de l’économie, s’accompagnant d’une baisse du chômage, de l’augmentation des salaires. Tout ceci s’accompagne d’une baisse des inégalités sociales. Le financement de cette relance repose essentiellement sur la dette et la création monétaire (voir partie 2).

 

En revanche si la reprise n’est pas au rendez-vous, l’argent injecté dans l’économie risque :

  • de provoquer un déséquilibre de la balance commerciale (l’argent injecté sert à relancer les économies d’autres pays),
  • d’accroitre l’inflation (la demande devient plus importante que l’offre et provoque une augmentation des prix),
  • de provoquer une bulle financière (l’argent injecté sert à faire augmenter les valeurs financières sans impact sur l’économie réelle)
  • de développer des spéculations sur les matières premières.
  • d'accroitre les problèmes environnementaux, si cette relance de la croissance n’est pas ciblée.  

 

Ces difficultés montre combien la maîtrise de cette relance est importante :

  • pour aider les familles défavorisés pour réduire les inégalités,
  • pour développer   des infrastructures et services publics pour augmenter les biens communs,
  • pour investir dans les technologies de pointe et relocaliser l’industrie,
  • pour garantir  la transition énergétique et écologique.

 

Nous verrons comment les Etats-Unis réussissent cette relance.

 

En Europe, on est bien plus timide. L’Europe s’est engagé dans un plan de relance commun de 750 milliards d’euros (qui a quand même du mal à se mettre en place). Une relance sociale, salariale et écologique s’impose, mais le gouvernement se refuse à une relance par la consommation, essentiellement en raison de reflexes acquis dans la période d’austérité budgétaire.

Face à cela les propos de Bruno Le Maire et en général de la droite montrent qu’ils n’ont pas changé de paradigme : il faudra réduire ces prochaines années la dépense publique. Une telle position reste dans la ligne d’austérité budgétaire des décennies passés, pour permettre :

  • de faire accepter les réformes libérales concernant la sécurité sociale, les retraites, et l’assurance chômage : les déficits de ces régimes servent de prétexte à la réduction de la couverture sociale. 
  • de justifier les mises en concurrence et privatisations de secteurs jusqu’à présent préserver, SNCF, RATP, La Poste, EdF, …
  • de baisser des dépenses publiques, de limiter les salaires, …

 

Ils pensent ainsi renforcer l’économie libérale et permettre son développement autonome après un plan de relance le plus bref possible. Le rapport Arthuis paru le 28/03/2021 se place résolument dans cette approche « orthodoxe ».

 

Il nous appartient de combattre la politique d’austérité, prônée par Bruno Lemaire et le gouvernement, qui par le passé a conduit au déclin de l’Europe et à l’accroissement des inégalités sociales. 

 

Marc-Noël Vandamme 

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M
Que l'on se trompe pas, l'ensemble de ces interventions étatiques restent aujourd'hui dans le cadre du libéralisme : il s'agit simplement de corriger les conséquences défavorables des comportements des ménages et des entreprises sur le bien-être des autres ménages et entreprises : <br /> <br /> corriger les dérèglements climatiques et environnementaux, <br /> éviter les faillites et le chômage qui risque de détruire capital productif, <br /> réduire la pauvreté pour éviter des révoltes, <br /> compenser l'insuffisance de recherche et d'innovation, <br /> pallier les difficultés d'approvisionnement par des relocalisations et des politiques de filière industrielle,<br /> ... <br /> <br /> Les agents économiques choisissent toujours librement leurs actions, compte-tenu de ces incitation et de ces nouvelles règles. <br /> On est dans un aménagement du système, pas dans un changement de système économique. 
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