9 Décembre 2020
La République est aujourd’hui est attaquée de toutes parts, tant par les violences du terrorisme islamique que par celles qui résultent des effets dévastateurs du néolibéralisme, de ceux du populisme d’extrême droite, effets aggravés par la crise du COVID 19.
Nos libertés fondamentales, nos valeurs républicaines et sociales dont nos principes laïques sont mis à mal.
Des complaisances idéologiques qui relativisent le terrorisme islamique et fragilisent les réponses de notre République
Cette tribune met l’accent sur le pacte social et laïque qui nous unit et qui ne joue plus le rôle protecteur pour faire face au terrorisme islamique.
· On laisse prospérer et se répandre un amalgame dangereux entre islamiste et musulmans qui laisse croire qu’il existe un phénomène d’islamophobie largement diffusé par l’extrême droite et des courants de gauche islamophobes. Un amalgame dangereux qui instille « la confusion perverse entre le rejet de l’islam comme religion et celui de personne de confession musulmane ».
· Comme l’a montré Charb (Stéphane Charbonnier directeur de « Charlie-Hebdo) dans sa « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes (aux éditions les échappés), l’islamophobie est une mystification : elle n’existe que dans l’esprit des complotistes d’extrême droite voire de certains courants de la gauche.
· On accepte de soutenir « des mots d’ordre émanant de groupes religieux diffusés par le Comité contre l’islamophobie (CCIF) » et par les frères musulmans, un soutien inadmissible qui n’est pas « qu’une faute mais une erreur ».
· On tolère une extrême droite qui manipule et usurpe la laïcité en même temps qu’elle défend « un différentialisme identitaire » en diffusant une idéologie d’exclusion.
· On laisse se répandre et on accrédite que la laïcité organise un racisme d’état, « accusation absurde véhiculée par l’idéologie dé coloniale », sans oublier que pour beaucoup à droite, à l’extrême droite et dans la sphère de l’islamiste radical, c’est cette laïcité qui seule serait responsable du terrorisme islamique.
Un monde politique, économique et social qui joue contre les valeurs de la République
Depuis plus de trente ans, constate la tribune, on a assisté à une destruction des solidarités et du vivre ensemble.
C’est la doxa néolibérale basée sur la « la concurrence libre et non faussée » qui en est responsable et qui a entraîné cette explosion de la pauvreté et de la précarité. La crise du COVID 19 n’a fait que l’amplifier.
Services publics, protection sociale, privatisation, structures hospitalières, libertés fondamentales, c’est dans tous ces domaines (pour ne citer qu’eux car la liste est longue) que nos gouvernants d’hier et d’aujourd’hui ont failli dans leurs actions en contradiction totale avec les principes fondateurs de la République sociale. S’ils ont défendu ces valeurs, c’est par des mots qui n’ont que rarement été suivis d’actes.
Un pacte social, laïque qui se délite faute d’être réellement défendu ou seulement avec des mots par ceux qui ont le devoir de le protéger et de le préserver.
Une « urgence »absolue : la reconstruction de République sociale et laïque
Il faut la rendre vivante : c’est le message de cette tribune qui énonce des pistes :
· Réaffirmer les principes fondamentaux du contrat social et politique républicain.
· Dire et répéter que la laïcité avec la loi de 1905 (qui fête le 9/12 son 115ème anniversaire) emporte avec elle toutes nos libertés fondamentales indispensables à l’exercice d’une véritable démocratie.
· Insister sur cette laïcité qui donne des droits dont celui de critiquer toutes les croyances religieuses ou non et «de le faire publiquement dès lors que ce droit respecte les personnes comme telles ».
· Enfin, il est nécessaire de sortir des « fausses solutions » de l’extrême droite et du néolibéralisme « qui ne veulent rien comprendre aux principes et au valeurs de la République ».
· Une réaffirmation des principes, certes mais aussi la volonté de traduire cette réaffirmation en actes : « se donner les moyens de l’action »
C’est tous ensemble qu’on pourra reconstruire notre République en s’appuyant sur le constat « qu’il existe une force populaire qui veut une République laïque et sociale »
Il ne faut pas négliger cette force populaire ou l’ignorer car elle porte en elle de vraies aspirations à la démocratie et de vraies capacités à la faire vivre.