La loi PACTE (Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises va timidement dans ce sens. Elle transforme la loi de 1804 en ces termes : la « société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Et si on se mettait à rêver :
- si la raison d’être des entreprises pharmaceutiques est de fournir les médicaments qui permettent de maintenir au mieux la santé de l’ensemble des personnes, alors des scandales comme celui du « Médiator » devraient disparaître. De même, la pénurie de certains médicaments en France pourrait se résoudre en consolidant la chaîne d’approvisionnement et en constituant les stocks de sécurité adéquats. De plus, les recherches concernant les maladies rares seraient entreprises ;
- si la raison d’être des entreprises agroalimentaires est de pourvoir à une alimentation saine et équilibrée, on peut penser que les dosages en sucre et en sel, ou l’ajout de certains additifs et de colorants (ajouts qui sont parfois néfastes et ne se justifient que parce qu’ils font vendre) se réduiront, que les sodas seront moins sucrés, que des indicateurs de qualité tels que « NUTRISCORE » seront adoptés par tous ;
- si les industries de consommation se fixent des objectifs de durabilité et de réparabilité de leurs produits (tout le contraire de l’obsolescence programmée), alors il y aura moins d’utilisation des ressources naturelles et moins de déchets à recycler ;
- si l’industrie automobile concentre tous ses efforts à réduire son impact sur son empreinte environnementale, les moteurs consommeront nettement moins qu’actuellement, les motorisations à zéro émission vont se développer (pile à hydrogène…), les batteries verront leurs capacités de stockage sérieusement améliorées ;
- si l’objectif des réseaux sociaux est de mettre en relation les personnes entre elles, l’usage des données personnelles de chacun sera considérablement mieux protégé et la vente de ces données strictement contrôlée ;
- si l’industrie de l’habillement s’impose des règles éthiques sur le travail des enfants, l’exploitation des enfants dans cette activité disparaîtra ;
- si l’industrie du tabac se préoccupe de la santé de ses clients, sa disparition progressive et rapide s’organisera très vite;
- etc.
Ces exemples sont nombreux et pourraient se multiplier.
On voit bien les immenses progrès qui pourraient être réalisés si la raison d’être de l’entreprise venait à changer. Aujourd’hui on voit bien combien le moteur du progrès devient différent
Où en est-on ?
Bien sûr nous sommes encore loin de cette situation où l’utilité ou la mission d’une entreprise serait son principal moteur. L’actualité, dans cette période de crise sanitaire, montre bien que les entreprises placent encore la rentabilité financière en priorité avec son lot de licenciements, de remises en cause des conditions de travail, de fusions/absorptions. Souvent cette évolution des entreprises vers plus d’humanité n’est que du « Green Washing », déclarations d’intention non suivi d’effet.
Il nous appartient de faire évoluer les mentalités dans ce sens, de faire en sorte que les ESS (Entreprises Sociale et Solidaires) se développent, que les notions de Service Public prennent tout leur sens… Il y a encore du travail, mais on peut toujours espérer ….
MNV