Ce ne sont pas les outrances de Trump qui l’ont fait élire, c’est le vote populaire qui a abandonné le camp démocrate. Tout comme en France le vote populaire n’est plus à gauche, parce que la gauche ne parle plus aux couches populaires. Le problème n’est pas nouveau et est bien connu de nous tous.
Le camp démocrate est en grande partie responsable de cette défaite :
- En ne parlant pas des difficultés de tous les jours des classes populaires, même en manifestant une autosatisfaction de la politique économique, il a perdu une grande partie des votes populaires. Certes, Biden avait redressé l’économie américaine, les investissements étaient repartis, la croissance était au rendez-vous, l’inflation était maitrisée et sur le moyen terme tout semblait bien se présenter, mais tout ceci s’était fait au prix d’une perte de pouvoir d’achats qu’il fallait prendre en compte.
- Le camp démocrate n’a pas su se défaire de l’image de « Va t-en Guerre » qu’il donnait. Il est quand même choquant que les musulmans aient voté Trump quand on connait ses positions sur le conflit palestinien. Tout le monde préfère la paix.
- Le camp démocrate a finalement peu parlé de politique : il a cherché à dénigrer Trump (plus on parle de l’adversaire, plus on lui fait de la publicité), il a beaucoup parlé de problèmes de société, mais peu de la vie de tous les jours, des perspectives environnementales, d’avenir, ….
- Le camp démocrate n’a pas réussi à donner l’espoir d’un avenir meilleur que portait le slogan trumpiste « Make America Great Again ».
- Le leadership du candidat a aussi certainement joué. La lutte pour l’égalité homme/femme est malheureusement encore présente.
- Le manque de préparation : La détermination de Biden à se présenter, sa longue hésitation à se désister ont laissé peu de temps à Kamala Harris pour faire campagne.
Par ailleurs le soutien du monde des affaires a été aussi un point déterminant (la montée de l’indice boursier américain à l’annonce de l’élection de Trump en est une preuve).
Face à la Chine, et aux Etats-Unis, seule une Europe forte peut occuper une place sur la scène mondiale. Pour cela, il convient qu’elle redresse son économie, abandonne sa politique d’austérité qui ne fait qu’accroitre les inégalités et parle d’une même voix. On en est loin.
En bref, quels enseignements peut-on en tirer pour 2027 :
- s’y préparer dès maintenant,
- parler de nos propositions plutôt que critiquer les positions de la droite,
- être proches des gens et de leurs préoccupations,
- redonner l’espoir de « jours heureux » avec des changements sensibles pour un mieux vivre,
- ....
Sur ce point ce n’est pas non plus gagné, à nous d’y travailler.
Marc-Noël Vandamme