21 Décembre 2024
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Article à paraître dans le prochain numéro de La Tribune des travailleurs du 18 décembre
39e jour de grève des conducteurs de bus
Les chauffeurs ont rendu hommage à leur camarade disparu et ont reconstitué le piquet de grève malgré l’intervention policière. La grève des conducteurs de bus FSO (Francilité Seine et Oise) continue. Elle dure depuis le 7 novembre. Les 480 travailleurs et leurs syndicats – qui desservent 80 000 voyageurs chaque jour sur l’agglomération de Cergy-Pontoise et Conflans – exigent du groupe le respect du principe « à travail égal, salaire égal ». En effet, ils veulent conserver leurs droits pour tous, anciens comme nouveaux, acquis qui existaient à la Société de transports interurbains du Vald’Oise (STIVO).
Avec la privatisation du réseau au 1er janvier 2024, ils ont été transférés à l’entreprise FSO du groupe Lacroix & Savac, qui veut leur prendre entre 3 000 et 5 000 euros de salaire annuel.
Les conductrices et les conducteurs ont organisé un piquet de grève, puis reçu le soutien de milliers de travailleurs et d’usagers et aussi d’organisations et d’élus locaux, exprimé notamment en participant à leur caisse de grève ou à leur venue sur le piquet.
Le 13 décembre, à 5 h 30, le préfet a ordonné pour la deuxième fois l’intervention de la police contre le piquet de grève. La direction de FSO a envoyé quinze intérimaires, mais seulement treize des cent six bus sont sortis, sous escorte policière. Un intérimaire a refusé d’assurer sa mission. Un salarié qui voulait empêcher la sortie d’un bus a été blessé.
Mais, à nouveau, la grève s’est poursuivie. À nouveau, les revendications ont été réaffirmées. À nouveau, le piquet s’est reconstitué avec les drapeaux syndicaux.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre, un délégué FO s’est suicidé. « En apprenant que notre camarade avait mis fin à ses jours, nous avons tous éprouvé de la douleur, de la colère et de la sidération », a écrit son syndicat qui « poursuit le combat ». Le préfet a ordonné la fermeture du dépôt le dimanche. « Les revendications sont légitimes et doivent être satisfaites », a écrit l’union départementale FO du Val-d’Oise.
Bouleversé comme tous ses collègues, un ouvrier a déclaré à la presse : « Nous restons plus déterminés que tout. »
Les chauffeurs ont rendu un hommage ému à leur camarade le 16 décembre à 3 h 30 sur le dépôt, où son portrait a été affiché aux côtés de bouquets de fleurs et de drapeaux rouges syndicaux.
Le responsable du syndicat a pris la parole pour rendre hommage et interpeller le DRH : « Monsieur, allez dire à ses enfants que “c’est la vie”, comme vous avez osé le déclarer lorsque vous avez appris le décès tragique. » Les militants du Parti des travailleurs ont présenté leurs condoléances à la famille, aux proches et à ses collègues.
Les chauffeurs ressentent de la colère et de la sidération, ils demandent la démission du groupe Lacroix & Savac, ces mêmes dirigeants qui ne sont pas venus en ce jour de deuil et d’hommage. Pire, le directeur de FSO était à la table des négociations sans même passer voir les chauffeurs.
Dans une « motion de soutien » adoptée le 16 décembre, l’union départementale CGT a exigé « que
la direction de FSO ouvre de réelles négociations avec les grévistes et leur syndicat FO FSO, avec de réelles propositions sur la base des revendications des travailleurs».
Oui, c’est l’unité ouvrière qui fera reculer la direction.
Ce jour, à 3 h 30 du matin, à la reprise du service, il y avait plus de quatre-vingts chauffeurs présents quand la police est venue pour faire sortir les bus. Les conducteurs ont fait une chaîne humaine, empêchant les bus de sortir. Les policiers ont reculé, ils ont laissé faire les chauffeurs.
Aujourd’hui, aucun bus n’est sorti. Le piquet est debout. La grève se poursuit.