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La table ronde de la gauche

Nomination de Premier ministre: Réactions à gauche

Communiqués du Parti Communiste, du Parti Socialiste, de Boris Vallaud, interview de Marine Tondelier.

 

 

 

 

 

Interview de Boris Vallaud

Interview Libération
Boris Vallaud sur le gouvernement Bayrou : «La continuation de la même politique aura la même sanction»


Le président du groupe socialiste à l’Assemblée, qui veut arracher «des avancées maintenant», demande au nouveau Premier ministre un changement sur le fond et la méthode, condition à la non-censure par son groupe.


Boris Vallaud à l'Assemblée nationale, après les élections législatives, le 9 juillet 2024. (Denis Allard/Libération)
par Charlotte Belaïch, publié aujourd'hui à 18h24
Dès l’annonce de la nomination de François Bayrou, les socialistes ont prévenu qu’ils ne participeraient pas au gouvernement, demeurant dans l’opposition. Ils se démarquent cependant des insoumis, qui ont immédiatement annoncé une motion de censure. Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, appelle le nouveau Premier ministre à un changement de cap : pas de 49.3 et une réorientation politique vers plus de justice sociale.
Comment accueillez-vous la nomination de François Bayrou ?
Si le président de la République avait vraiment entendu le vote des Français, il aurait nommé un Premier ministre de gauche, ouvert au compromis, comme n’ont cessé de le répéter les socialistes, les Ecologistes et les communistes. Nous avons ouvert une porte qu’il a refermée. En choisissant un Premier ministre issu de son camp, il n’a pas entendu, il est dans la préservation de son bilan et prend le risque d’aggraver la crise politique et démocratique qu’il
a lui-même ouverte avec la dissolution. Une fois de plus, il est dans la dénégation de la volonté de changement exprimée en juillet.
Les insoumis ont immédiatement annoncé une motion de censure. Quelle est la position du groupe socialiste ?
Ils l’avaient annoncé avant même la nomination de François Bayrou. Nous, socialistes, avions prévenu que, dès lors que le Premier ministre n’était pas issu de la gauche, nous ne participerions pas au gouvernement et nous placerions dans l’opposition parlementaire. Le Premier ministre est face à ses responsabilités. C’est à lui désormais de dire la façon dont il entend sortir de cette crise politique et institutionnelle. A lui de dire comment il va répondre à la demande de changement exprimée lors des élections, comment il va rompre avec la méthode Barnier et l’intransigeance du bloc central, sur le fond et sur la forme. Nous sommes dans une double préoccupation : il faut une stabilité pour le pays mais aussi un changement de cap. Nous allons nous battre, je l’espère avec toute la gauche, du moins avec ceux qui préfèrent des avancées maintenant plutôt que dans trente mois, pour arracher des victoires qui s’inscrivent dans le programme que nous avons défendu devant nos électeurs. Car il n’y aura pas de stabilité sans justice.
Vous proposez toujours un accord de non-censure, à condition que le gouvernement n’utilise pas de 49.3 ?
C’est l’une des conditions posées sur la table, pas la seule, pour aller dans le sens de l’aspiration à une reparlementarisation de la vie politique. Ce serait un acte de confiance dans le Parlement pour créer un dialogue exigeant qui doit aboutir à des majorités texte par texte. Au fond, c’est tout l’inverse de la façon dont ont fonctionné Elisabeth Borne et Michel Barnier, qui ont avancé avec la même brutalité. Nous n’y arriverons pas sans méthode renouvelée. Mais le plus important, c’est un changement de fond. Si on ne ramène pas des victoires aux Français, le risque est celui de l’instabilité chronique et de la chute du gouvernement, à nouveau.
Sur le fond, quelles sont vos conditions ?
Nous ne sommes pas dans la recherche d’un accord de coalition, mais d’avancées concrètes et immédiates pour les Français, dans une Assemblée sans majorité et dans laquelle la gauche est la première force. La négociation doit se faire autour d’une table, pas par médias interposés. Nous venons avec ce que nous avons défendu devant les électeurs, dans le dialogue et ouverts au compromis. Ce qui ne pourra pas trouver matière à compromis sera tranché plus tard par les électeurs. Mais le Premier ministre doit montrer qu’il a entendu les attentes sur le pouvoir d’achat, la justice fiscale, les retraites, les services publics et en particulier l’hôpital, ou encore l’urgence écologique. Nous voulons aussi un engagement de sa part : son gouvernement ne doit pas tenir dans la dépendance au RN, ni reprendre à son compte son programme xénophobe, d’une grande brutalité. La continuation de la même politique aura la même sanction.
Avez-vous été entravés par vos partenaires insoumis ?
Nous n’avons pas la même stratégie, c’est manifeste. La motion de censure qui a fait tomber le gouvernement Barnier n’était pas une fin en soi. Notre responsabilité est de présenter une issue et des solutions. Nous demeurons fidèles à ce que nous avons défendu avec le Nouveau Front populaire pendant les législatives, mais nous pensons qu’un pas en avant vaut mieux que mille programmes et les Français préfèrent l’action, même imparfaite, à un pays bloqué.

Marine Tondelier Europe écologie les Verts intérrogée sur France Inter

samedi 14 décembre.

Marine Tondelier :  "Il a sa propre censure entre les mains"

"On prend les mêmes et on recommence", déplore sur France Inter Marine Tondelier secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts après la nomination de François Bayrou en tant que Premier ministre. "On ne censure pas à priori mais on a des a priori de censure", dit-elle. Elle exhorte le nouveau Premier ministre à s'engager à ne plus utiliser le 49.3. "Il a sa propre censure entre les mains", selon-elle.

Selon Marine Tondelier, le NFP "existe" toujours et chaque partis l'exprime à sa manière. Marine Tondelier tient à un retour de la proportionnelle dans les scrutins. "Notre demande c'est l'abrogation de la réforme des retraites", rappelle la secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts. "Il faut des gestes de changement sur le fond concrets", selon elle. Elle assure que ni les socialistes ni les écologistes n'ont pour l'instant été contactés par François Bayrou.

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