Eklablog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
La table ronde de la gauche

La dette

Quelques principes simples pour expliquer ce qu’il en est de la dette et du déficit de la France. Certains trouveront ces explications simplistes et inutiles. Ils pourront compléter s’il le juge utile.

Les Etats ont deux façons de se financer lorsque ses dépenses dépassent leurs recettes : la dette, ou la création de monnaie. Dans la zone euro seule la banque centrale européenne peut créer de la monnaie, les Etats de cette zone n’ont donc comme seule possibilité la dette.

La dette n’a qu’un défaut : elle coûte des intérêts (le remboursement de la dette se fait généralement par de nouveaux emprunts). Les taux d’intérêt dépendent de la confiance qu’ont les prêteurs et aussi du contexte économique. La France jusqu’à présent trouve facilement des financeurs à des taux raisonnables. (voir schéma ci-dessous).

Une façon de réduire la dette vis-à-vis des marchés financiers serait que la banque centrale européenne rachète ces dettes. La dette se déplacerait des marchés financiers à la banque centrale européenne, ce qui nous permettrait de réduire le coût des intérêts et surtout d’allonger le délai de remboursement.  Par ailleurs la banque centrale européenne pourrait se financer par la dette à des taux peut être plus intéressants ou en créant de la monnaie. Mais pour cela il faudrait des accords entre les Etats européens.

La banque centrale européenne a un autre rôle : elle fixe le taux directeur (taux d'intérêt fixé par une banque centrale pour les prêts qu’elle accorde aux banques commerciales) et ainsi régule l’évolution des taux d’intérêt.

La création de monnaie a pour effet de défavoriser la monnaie correspondante qui de ce fait vaut moins par rapport aux autres monnaies. Cela conduit à un surcoût pour les importations (hausse des prix et risque d’inflation), mais aussi une baisse de nos produits à l’exportation et donc une relance économique.

Donc la dette n’est pas vraiment un problème. En revanche le déficit et donc le besoin de dette supplémentaire peut poser problèmes.

Le déficit et donc l’accroissement de la dette provoque l’augmentation du coût des intérêts en raison de l’augmentation de la dette mais aussi par l’augmentation des taux d’intérêts par perte de confiance des financeurs.

Si ce déficit est provoqué par des besoins d’investissement, et que ces investissements sont « rentables » « utiles » voire « indispensables » les marchés financiers les accepteront. Certaines dépenses comme les dépenses liées à la transition énergétique pourraient être financées par l’Union Européenne allégeant ainsi les déficits des Etats membres. Mais pour cela il faudrait des accords entre les Etats européens.

En revanche si les déficits sont structurels sont difficilement acceptables. En fait dans ce cas il faut réduire les dépenses inutiles et augmenter les recettes en veillant à bien les répartir (justice sociale).

Quelques chiffres pour la France :

Montant de la dette : fin premier semestre 2025 : 3345.8 milliards d’euros (114% du PIB, richesse nationale produite en un an). En 2017, la dette était de 2281 milliards d’euros (101% du PIB).  

La charge de la dette : 55 milliards d’euros en 2025 (c’est une bonne partie du déficit général).

Taux d’intérêt actuel à 10 ans :  3.5%

Déficit en 2024 : 169.7 milliards d’euros (5.8% du PIB)

 

Origine de la dette depuis 2017 :

La dette a augmenté de 1064 milliards d’euros depuis 2017 soit +47% (2281 milliards d’euro en 2017), sous Emmanuel Macron.

Le PIB a cru de 30% sur la même période (2281 milliards d’euros en 2017, 2937 milliards d’euros en 2025). Si la dette avait cru comme le PIB, elle serait donc de 2912 milliards d’euros. Cette augmentation de 650 milliards d’euros peut être considérée comme « normale ». Un pays plus riche peut s’endetter plus.

Le reste (1064-650=414 milliards d’euros) est dû directement à la politique de Macron. Environ la moitié correspond aux crises rencontrées (COVID et crises énergétiques) et le reste correspond aux baisses d’impôts consentis d’une part sur les plus riches, mais aussi sur les classes moyennes (taxe d’habitation, redevance audiovisuel, impôt sur le revenu…)

Par ailleurs cette période s’est caractérisé par une conjoncture économique bonne pour les emprunteurs. La dette aurait pu prendre jusqu’à 400 milliards d’euros supplémentaires en période de mauvaise conjoncture.

Quelques courbes

Source Insee

On voit bien que les dépenses après l’épisode des crises (2020-2021) sont stables (autour de 57% du PIB), et que les recettes décroissent notamment en 2022-2023-2024, ce qui accroit le déficit.

Source Insee

Il est à noter que c’est la période Hollande qui est la plus stable et qui aboutit à une réduction sensible du déficit creusé par Sarkozy (écart entre la courbe bleue et la courba orange)

Source Insee

Jusqu’à présent la France est plutôt jugée comme bon élève.

Pour approfondir voir le Monde du 4/09/2025.

 

Marc-Noël Vandamme 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
Il convient de préciser que déjà 23% de la dette française est porté par la Banque centrale européenne.
Répondre