31 Décembre 2021
On ne parle que de flux migratoires, alors que ceux-ci restent encore marginaux, d’identité nationale ou de « grand remplacement », alors que depuis longtemps notre société s’enrichit des autres, de dangers islamiques ….
Tout ceci n’a qu’un but. C’est mettre en avant Emmanuel Macron comme le seul rempart à une extrême droite toujours plus présente. Sur les autres sujets il y aurait consensus, tout le monde serait d’accord pour protéger l’ensemble des Français et aller vers la transition énergétique et écologique.
Or, rien n’est plus faux. Le modèle économique que l’on nous propose génère de plus en plus d’inégalités et, sous prétexte de nécessité de croissance et de lois économiques, les pauvres doivent se contenter de leur condition, alors que les riches continuent de s’enrichir. Par ailleurs ce modèle ne permet pas d’assurer la transition énergétique et écologique nécessaire à l’équilibre de la planète, car la bonne santé économique, selon les règles de ce modèle, doit passer avant tout autre chose.
Le système économique s’est d’abord nourri de l’esclavage, un trafic racial et honteux, puis du colonialiste, exploitation sans nom des ressources des pays du tiers monde, puis de la mondialisation, travail des enfants et exploitation éhontée de la main d’œuvre bon marché des pays pauvres, et enfin ces derniers temps de l’accroissement des inégalités.
Si on est obligé de maintenir les pesticides pour notre agriculture, c’est que, sans ces produits dangereux, la rentabilité des exploitations agricoles serait mise en cause. Mettre fin à ces pratiques suppose d’accepter de revoir profondément les marchés agricoles.
Si on veut baisser l’impact carbone de nos produits de consommation et notamment de notre énergie, il faut faire entrer dans le coût de ces produits le coût de leur impact carbone. Cela entraînera inévitablement une modification profonde dans la structure des coûts, qui nous faut anticiper.
Si on veut mettre fin au travail des enfants et à l’exploitation de la main d’œuvre bon marché des pays pauvres, il nous faut accepter une augmentation importante des coûts de production des objets, ce qui permettra de rendre attractif la réparation des objets.
Par ailleurs la transition énergétique et écologique entraînera des besoins d’investissements importants dont la rentabilité à court terme n’est pas assurée. On ne peut donc pas compter sur le système économique en place pour financer ces transitions.
Enfin on voit bien que les services publics ont depuis plusieurs décennies de manque de financement, la priorité étant consacré à financer le système économique. Il va falloir dépenser plus et mieux pour la santé, l’éducation, la justice, … ce qui suppose de remettre en question les financements en place.
Ces quelques exemples montrent bien que cette évolution vers un monde plus juste et plus respectueux de l’environnement nécessite une profonde révolution sociale, car les personnes les plus démunis ne peuvent pas accepter de voir leur niveau de vie, déjà faible, diminuer pour financer cette évolution.
L’Etat doit donc :
Ces questions devraient être le centre des débats de la campagne présidentielle. Or il n’en est rien. Et les marchés financiers y trouvent leur compte.
N’hésitez pas à réagir à ces considérations personnelles. C’est par le débat qu’elles s’enrichissent.
Marc-Noël Vandamme