5 Novembre 2022
Pourquoi en est-on arrivé là ?
Tout commence à l’ouverture à la concurrence par la région des transports de bus. Cette mise en concurrence nous a affecté l’été 2021, les 140 contrats reconduits de gré à gré ont été remplacés par 58 contrats. Ce processus est continu et devrait s’étendre jusqu’en 2030 avec la mise en concurrence de la RATP et de la SNCF.
A l’été 2021, Kéolis a emporté le marché sur notre territoire (Andrésy, Carrières-sous-Poissy, Chanteloup-les -Vignes, Maurecourt, Poissy, Verneuil, ...) , il était le moins disant. Comme la loi l’impose, il a été obligé de reprendre l’ensemble du personnel et de maintenir les accords passés avec le personnel pendant 15 mois, le temps de négocier de nouveaux accords. L’échéance devait arriver le 1/11/2022, mais les accords de substitution n’existent pas. Et pour cause l’écart qui existe entre les conditions qu’impose Kéolis aux personnels nouvellement recrutés et les accords précédents sont considérables (par exemple un écart de 400€ sur le salaire d’embauche : 1700€ au lieu de 2100€).
Il en résulte de nombreuses démissions, des difficultés d’embauches, un recours excessif (peut-être illégal) d’heures supplémentaires au détriment de la sécurité des voyageurs et un recours à l’intérim qui a augmenté de 10% à plus de 50% (on assiste à une véritable « uberisation » du métier de chauffeurs). Comment dans ces conditions assurer un service client correct, lorsqu’on ne connait pas les lignes, lorsque l’emploi est précaire, lorsque les chauffeurs manquent … C’est plus de 4000 courses qui au cumul n’ont pas été effectuées.
A ceci s’ajoute un usage intensif des bus et un entretien des véhicules souvent réduit au minimum (tout comme celui des entrepôts). L’investissement du parc, qui désormais appartient à Ile de France Mobilités, est insuffisant.
A l’interpellation des maires à l’automne 2021, Kéolis avait parlé de mises au point de démarrage qui devaient disparaitre au fil du temps, il n’en est rien car le mal est plus profond :
il provient d’une conception low-cost du service public du conseil régional.
La majorité de droite, notamment Valérie Pécresse, a une position toute idéologique : elle croit aux vertus de la mise en concurrence et aux règles du marché. Or dans le cas des transports publics les clients n’assurent qu’une partie des recettes des entreprises, ils n’ont pas réellement le choix et acceptent ce qu’on leur propose ou se débrouillent autrement. L’entreprise ne doit pas prioritairement plaire à ces clients mais à ces donneurs d’ordre que sont les politiques. Et les politiques sont essentiellement au service de leurs électeurs et pour la droite ce sont essentiellement des automobilistes. On comprend alors mieux le slogan « faites sauter les bouchons », la politique de paupérisation du secteur public et l’encouragement à la privatisation. Et tant pis si les conséquences écologiques sont désastreuses. Selon eux, la technologie résoudra dans quelques années le problème avec les véhicules électriques (ce qui est bien-sûr faux). Il nous faut changer de politique au niveau de la région. Encore faut-il que les habitants fassent le lien entre la dégradation des transports par bus et la politique du conseil régional.
Que faire à court terme ?
Les conducteurs ont raison de se battre pour obtenir de meilleures conditions de salaire et de travail. Sans cette amélioration aucun progrès dans la qualité n’est possible.
Il nous faut les soutenir :
Interview par la section du PS Boucle de Seine d’un syndicaliste le 22/10/2022
Dans cette période où la lutte contre le réchauffement climatique devient primordiale et où la crise énergétique porte le coût des carburants à des sommets, il est essentiel de défendre les transports en commun.
Le pire serait d’accepter cette politique dégradée des services publics dans les transports en commun comme dans d’autres domaines (santé, éducation, justice, …) et de chercher à se débrouiller individuellement contre cette situation.
Les services publics doivent être de qualité. La politique de low-cost imposé par l’ouverture à la concurrence par le conseil régional qui conduit à un dumping social inadmissible va à l’encontre de cette qualité des services publics. Nous devons la combattre.
Marc-Noël Vandamme
Lien de la pétition:
https://www.monmouvement.ong/petitions/des-bus-a-poissy-carrieres-et-alentours?source=whatsapp-share-email-button&time=1668076271&utm_source=whatsapp