27 Janvier 2022
A la lecture des articles de presse sur le sujet, on ne parle que de management toxique pathogène, de mépris de la part de la direction, de climat délétère, maltraitant et étouffant, d’absence de dialogue social, de peur au ventre, de conditions de travail inacceptables.
La diminution des effectifs soignants, les heures supplémentaires non payées, les changements incessants de planning, l’impossibilité d’accompagner dignement les résidents,
Voir articles de presse :
Cette situation est, malheureusement, loin d’être isolée.
Le livre récemment paru « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet fournit, après 3 ans d’investigations et plus de 250 témoignages, toute une série de révélations sur le système qui maltraite nos ainés. Personnes âgées maltraitées, salariés malmenés, acrobaties comptables, argent public dilapidé… Nous sommes tous concernés.
Déjà le principe même de faire des établissements EHPAD à but lucratif est scandaleux (25% des EHPAD en France). Le but de ces établissements est de faire du profit et il suffit d’aller sur internet pour voir les placements que ces sociétés proposent aux investisseurs. Ce n’est qu’au détriment des résidents et des conditions de travail des salariés que l’on peut rendre rentable tout placement dans ce type d’établissement.
Une grande partie des recettes provient de la sphère publique (APA, et prestations de santé) et est réglementée (d’où les acrobaties comptables pour en récupérer le maximum). L’autre partie provient des résidents eux-mêmes, mais les tarifs excessifs appliqués ne permettent pas des augmentations supplémentaires. C’est donc sur les coûts qu’il faut faire des économies : coût de personnel avec des effectifs réduits et un turn-over entretenu par un management du harcèlement, coûts sur les fournitures (achats de mauvaise qualité, pénurie, …).
Cette situation peut perdurer car les contrôles publics sont peu fréquents (le réseau d’influence peut en atténuer les effets) et les résidents et leurs familles ne sont pas,la plupart du temps, en mesure de porter quelque exigence que ce soit.
Tout ceci est bien connu et depuis longtemps. Il est temps d’agir :
Décidément la société « libérale » n’est pas belle, son remplacement par une société de bienveillance devient urgent.
Marc-Noël Vandamme