8 Mars 2022
Mais qui est responsable de cette situation ?
Qui a laissé le financement privé prendre une part si importante (25%) de ce secteur ? Ce sont les gouvernements de ces dernières décennies. Faire appel à des financements privés soulageait les finances de l’Etat et de la Sécurité Sociale et donc la dette publique. Il y avait aussi dans l’idée que la gestion privée de ces établissements permettrait de faire des économies que l’administration publique ne pouvait pas faire, ce qui est vrai mais à quel prix pour les résidents et les salariés de ces établissements.
Maintenant que faut-il faire avec ces sociétés privées ?
Tout cela permettra de régler l’aspect éthique du problème « faire du profit sur la vie de nos ainés », mais est-ce que cela suffira ?
De toute évidence non. L’Etat et la Sécurité Sociale prend en charge l’intégralité des dépenses liées aux soins. S’il y a manque de moyens en personnel de soins, c’est qu’il y a complicité entre l’administration d’Etat (ARS et Sécurité Sociale) et les administrations des établissements pour réduire les dépenses y afférentes. Le niveau bas des salaires, entraînant les difficultés de recrutement et in fine le manque de ressources en personnel est voulu pour faire des économies, autant dans les établissements privés que dans les établissements publics.
En payant mieux les salariés et en offrant des conditions de travail plus acceptables, on trouvera des candidats à une formation au métier du « care » et on augmentera la qualité des soins apportés aux résidents. Encore faut-il financer ces mesures !
Pour améliorer la situation, il faut accepter de mettre plus d’argent dans l’accueil de nos aînés et trouver les financements nécessaires. C’est ce que nos gouvernements précédents n’ont pas eu le courage de réaliser. Et compte-tenu des tarifs actuels, ces financements supplémentaires ne peuvent pas venir d’une augmentation du loyer des résidents. (D'autres pays européens, notamment en Europe du Nord y sont parvenus).
Bien-sûr l’EHPAD, dans son format actuel (100 résidents au minimum pour absorber les frais de l’établissement) est largement améliorable :
Toutes ces solutions sont sur la table. Il est temps de lancer une vaste réforme du « grand âge », ouverte à toutes et à tous. Les solutions existent, il ne manque que la volonté politique.
voir la note de Terra Nova du 4 mars 2022.
Marc-Noël Vandamme