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La table ronde de la gauche

Élections Présidentielles, 1er tour

  • La gauche[i] [ii]: 31.94 % (LFI, EELV, PS, PC, LO, NPA). Elle propose un « autre monde » qui permettrait des « jours heureux », un monde plus respectueux de chacun et notre environnement, plus ouvert aux diverses cultures, plus égalitaire et moins discriminant, remettant en cause le système économique qui nous gouverne, fondé sur le profit….
  • La droite : 32.63% (LREM, LR). C’est une politique libérale, qui repose sur l’activité économique et la croissance. L’entreprenariat individuel et la course à la performance sont les valeurs de cette droite.
  • L’extrême droite : 32.28% (RN, Zemmour, Dupont Aignan). Une droite conservatrice et autoritaire, nationale, … un peu ancien régime.

NB : je n’ai pas su classer Jean Lassalle (3.13%).

Par rapport à 2017 :

  • La gauche progresse de 4.27 % (en 2017 elle faisait 27.67 (LFI, Hamon, LO, NPA)). PS et EELV sont au même niveau (6.36% au lieu de 6.38%), c’est Mélenchon/Roussel qui passe de 19.58 à 24.23%. Ce succès est provoqué par une partie des voix qu’a perdu Macron et aussi des voix des jeunes.
  • La droite régresse fortement de 11.39% (en 2017 elle faisait 44.02% (LREM et LR). LR perd 15.23%, une bonne partie de ces voix se sont reportés sur Macron en revanche ce dernier a perdu une partie des voix  qui lui venait de la gauche en 2017.
  • L’extrême droite progresse de 5.36%  (en 2017 elle faisait 26.92% (RN, Dupont Aignan et Asselineau). Ces voix proviennent en partie de la gauche et des classes populaires sensibles au discours social RN et en partie de LR. 

 

Les défis qui sont devant nous sont pourtant immenses : 

  • La lutte contre le réchauffement climatique nécessitera des investissements colossaux dans les énergies renouvelables et vraisemblablement dans le nucléaire que seul l’Etat peut assurer dans un plan à long terme.[iii] [iv]
  • Les remises en cause de la mondialisation supposent une relocalisation de certains secteurs, ce qui amène des investissements nouveaux et certainement une augmentation des coûts de production (c’est ce qui avait justifié la délocalisation). Par ailleurs l’incitation de changer de procédés sur nos sites industriels de façon à avoir des usines plus propres, moins consommatrices d’énergie entrainera aussi une augmentation des investissements, sans pour autant augmenter les chiffres d’affaires. Sans l’aide de l’Etat, ces investissements entraîneront une inflation des prix.
  • La crise géopolitique en cours est appelée à durer : il faut nous préoccuper des régimes autoritaires qui n’ont en définitive que la guerre pour rester en place. Ces régimes autoritaires se développent de façon inquiétante dans le Monde. Cette situation ne peut qu’être défavorable : augmentation des dépenses de défense, augmentation des prix, pénuries, faim, …
  • La prise en compte des contraintes environnementales en agriculture suppose une augmentation du coût des produits agricoles (moins d’entrants, mais plus de main d’œuvre et moins de rendement). Cette augmentation s’ajoutera à l’inflation des prix.
  • Le développement nécessaire des services publics : la crise sanitaire a bien montré l’indigence de notre système de santé, le scandale des Ehpad montre l’urgence d’un système public de l’autonomie de nos ainés, notre jeunesse a besoin d’un système éducatif efficace, la mobilité, l’accès à l’information objective, … Dans tous ces domaines l’Etat doit mettre les moyens suffisants.

 

Devant ces enjeux,

  • la droite et son système libéral ne peuvent pas apporter de solutions satisfaisantes. Sous le premier quinquennat Macron, tous les arbitrages économie/écologie se sont traduit en faveur de l’économie. Ce sont ces règles économiques qu’il faut remettre en cause. Macron promet des améliorations dans les services publics qui seront financés par la croissance. Mais celle-ci risque de n’être pas au rendez-vous. Et de nouveau on demandera aux plus démunis de faire des efforts et in fine on diminuera les prestations sociales.
  • Pour l’extrême droite ce sera encore pire. Tout le monde sait bien que ce ne sont pas les restrictions apportées aux populations issues de l’immigration qui pourront financer l’économie. Mais il faut bien trouver des boucs-émissaires. Les taxes sur les importations augmenteront les prix, le repli sur soi nous privera des financements européens, … Pour rester au pouvoir malgré ces dysfonctionnements, les lois autoritaires et liberticides deviendront plus nombreuses. Le schéma d’évolution de ce type de régime est malheureusement bien connu.
  • Seule la gauche peut relever ces défis :
    • En faisant jouer un rôle essentiel à l’Etat dans les investissements essentiels au pays (seul l’Etat peut y arriver),
    • en développant les services publics, en répartissant mieux les richesses et notamment en aidant les plus défavorisés,
    • en associant mieux les collectivités locales et les citoyens par une décentralisation, et par une mobilisation de tous dans l’effort commun,
    • finalement en transformant en profondeur le système économique qui nous gouverne. 

 

Le rassemblement du peuple de gauche, au-delà des partis mais avec les partis, doit permettre de mobiliser dès maintenant, localement et nationalement, pour être force de proposition, pour imposer au pouvoir en place ces propositions, pour résister aux mesures anti sociales que l’on voudra nous imposer. Dans ce rassemblement, il est nécessaire de n’exclure personne et de partager avec tous. Il nous faudra certainement aussi revisiter notre façon de militer.

La principale leçon de ce vote est que l’idée de « deux gauches irréconciliables » est stupide. Les électeurs de gauche ont voté pour leurs valeurs pour le candidat qui avait le plus de chance de gagner.

A nous de nous remettre au travail.

Marc-Noël Vandamme 

 


[i] NB : sur les 100 villes les plus importantes arrivent en tête :

  • la gauche dans 52 villes : Paris, Marseille, Toulouse, Nantes, Montpellier, Strasbourg, Lille, Rennes, St Etienne, Le Havre, Grenoble, Saint Denis, Villeurbanne, Nîmes, Clermont Ferrand, Amiens, Besançon, Rouen, Montreuil, Argenteuil, Saint Denis de la Réunion, Saint Paul, Roubaix, Tourcoing, Mulhouse, Nanterre, Vitry sur Seine, Créteil, Avignon, Poitiers, Aubervilliers, Aulnay-sous-Bois, Colombes, Saint Pierre, Le Tampon, Champigny-sur Marne, Fort de France, Drancy, Noisy-le-Grand, Vénissieux, Evry-Courcouronnes, Cergy, Clichy, Villeneuve d’Ascq, Ivry-sur Seine, Clichy, Pantin, Sarcelles, Chambéry, Le Blanc-Mesnil, Beauvais, Valence. 
  • Lyon à égalité gauche/droite
  • le droite dans 40 villes
  • l’extrême droite dans 7 villes

[ii] sur notre territoire, la gauche arrive en tête à Conflans, Achères, Chanteloup, Carrières-sous-Poissy, Meulan  et à égalité à Poissy

.[iii] Un article du Monde du 18/02/2022  : Avis de tempête sur l’éolien en mer montrait comment l’investissement privé était mal adapté à ce type d’investissement élevé à rendement bas sur de longues périodes.

[iv]Il en est de même pour le financement d’EDF. 


 

 

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T
Excellente analyse de Marc-Noël, comme d'habitude et au coup de rogne de Sylvie.<br /> Ce dernier est peut-être salutaire car JLM vient de proposer que LFI, à partir de sa plate forme, présidentielle demande au PC et à EELV de s'unir pour une plate forme électorale pour les prochaines législatives.<br /> Je regrette l'ostracisme habituel, là encore de JLM envers ce qui reste du PS ! Ce dernier bouge encore, rien que par la multitudes d'élus locaux avec lesquels il faudra compter lors de la législative !<br /> Jean-François
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S
Bonjour,<br /> Facile d'ajouter des voix a posteriori à la gauche, "c’est Mélenchon/Roussel qui passe de 19.58 à 24.23%" et de se targuer de ses bons résultats. Si cela avait été le cas, nous serions au 2ème tour et le paysage politique en aurait déjà été bien changé. Tout le monde savait déjà qui avait le plus de chance de l'emporter au second tour. Ce n'est pas faute d'avoir prévenu mais les partis traditionnels, PC, PS, EELV, etc... ont tellement envie de conserver leur nom dans cette histoire, qu'il en sera de même pour la suite, vu les commentaires acerbes destinés à la FI pendant cette campagne. La colère est mauvaise conseillère je l'avoue mais il y a bien eu une occasion manquée. C'est triste !!<br /> Cordialement insoumise<br /> Sylvie Forestier
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