2 Février 2022
Le jour où on visite l’établissement, on a l’impression d’être un client VIP, ne vous inquiétez pas on va bien s’occuper de votre Maman, en effet on a envie de le croire l’endroit est luxueux la directrice est souriante et nous fait visiter la maison, les chambres non occupées, et même on peut jeter un coup d’œil dans des chambres occupées entrouvertes. On est en confiance.
Dans ce beau château à l’air d’un hôtel de luxe, on est un peu rassuré en voyant les salons confortables, le piano, les salles à manger bien meublées claires et ouvertes sur le parc et les bords de l’Oise. C’est vrai que pour plus de 3000€ par mois on s’attend au moins à cela.
A peine le contrat signé, on nous avise que le protocole sanitaire a changé, des cas de covid sont déclarés dans l’établissement, on ne peut plus accéder aux chambres, les visites se font à l’accueil et petit à petit tout se complique, test de moins de 24h pour les visiteurs et toute la cohorte de brimades pour les résidents.
Les repas sont maintenant servis dans les chambres, on oublie la belle salle à manger,
Manque de personnel, manque de moyens, manque d’équipements médicaux, on se rend vite compte que le principal objectif de l’entreprise est la rentabilité.
Comment peut-on accepter le permis de construire d’un lieu conçu pour recevoir des personnes dépendantes sans y imposer un minimum d’équipement médical. L’installation d’un réseau d’oxygène ne coute pas beaucoup plus que les douches et pendant la pandémie, on n’aurait pas été obligés de passer par la livraison par un prestataire de petites unités mobiles insuffisantes pour les détresses respiratoires aigües.
C’est ainsi dans tous les établissements privés EHPAD, Cliniques de soins de suite, le grand Age est une mine d’or pour les actionnaires de ces sociétés qui ne connaissent pas la crise et profitent d’une clientele captive qu’on appelle patientèle pour se donner bonne conscience.
Ces sociétés profitent des subventions et surexploitent des personnels médicaux pleins de bonnes intentions et d’empathie qui se retrouvent dans l’impossibilité de faire leur métier comme ils l’ont appris et comme ils veulent le faire pour le bienêtre et la dignité de leurs patients.
Le grand Age nous attend tous, il est temps de créer une société de solidarité intergénérationnelle non basée uniquement sur le profit mais mettant en première intention la valeur sociale et humaine.
Et quand on s’en va, on est visiblement plus des VIP, le 31 janvier, après le décès de ma maman, j’ai proposé à la directrice de débarrasser la chambre le jour même, elle m’a dit prenez votre temps, vous le ferez demain. Mais le lendemain c’était février qu’on m’a facturé contractuellement.
G Derangère