9 Mai 2021
En effet, des éléments étaient là pour nous rassurer : un candidat commun pour toutes les forces de gauche, un programme commun de gouvernement et …l’espoir qu’on en avait enfin fini avec le septennat calamiteux de Giscard-d’ Estaing et avec les forces de droite qui s’accrochaient au pouvoir depuis si longtemps.
Et le 10 mai 1981 est arrivé.
Même aujourd’hui encore, après 40 ans, nous gardons un souvenir ému et inoubliable de cette journée au cours de laquelle nous sommes allés voter pour François Mitterrand avec l’espoir encore insensé qu’il serait élu et que la gauche accéderait au pouvoir, mais aussi la crainte, en cas d’échec de la gauche, que nous « reprendrions 7 ans de Giscard ».
Mais aussi un souvenir toujours vivant de cette soirée du 10 mai 1981 au cours de laquelle nous avons allumé la télévision peu avant 20 heures. L’incertitude était toujours là. Jusqu’à 20 heures, les minutes se trainaient lamentablement.
20 heures est arrivée et tout était fait pour ménager le suspense : sur l’écran, l’image du vainqueur apparaissait de haut en bas, ligne par ligne. Difficile alors de distinguer le haut des visages des deux candidats qu’on pouvait encore confondre.
Et le visage du vainqueur est apparu dans sa totalité : impossible alors de se tromper, c’était bien François Mitterrand qui était élu Président de la République. C’était la gauche unie qui présiderait aux destinées de la France.
Nous en étions heureux : un grand jour que ce 10 mai 1981 et, dans notre maison, notre joie a explosé comme a explosé celle de nombreux français place de la Bastille et dans toute la France. Nous étions enfin soulagés de l’issue de cette élection qui répondait à toutes nos attentes.
Nous allions enfin vivre une ère nouvelle pour nous, pour l’avenir de nos enfants, pour la société qui serait celle que nous voulions.
Bien sûr, dans ce moment de liesse, nous ne pensions pas aux difficultés liées à l’exercice du pouvoir ni à ce que seraient les mois et les années à venir. Le bonheur et la joie immédiate que nous ressentions alors nous suffisaient en cette soirée du 10 mai 1981.
Après 40 ans, l’émotion et le souvenir sont toujours vivants.
Odile et Pierre Bouhours