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La table ronde de la gauche

Un million de nouveaux pauvres d’ici fin 2020

Un million de nouveaux pauvres d’ici fin 2020

« Les 5 à 7 %, les plus pauvres, ce sont les grands oubliés de ce quinquennat » - Christophe Robert de la fondation Abbé Pierre

Le baromètre de la pauvreté, réalisé par Ipsos pour le Secours populaire, a été présenté début octobre. Le constat est alarmant. Un million de nouveaux pauvres d’ici fin 2020.  « Si l’urgence existait déjà, depuis la pandémie les besoins alimentaires sont encore plus importants, avec une augmentation de 45 % des demandes dans les permanences d’accueil du Secours populaire » explique l’association. « Familles monoparentales, personnes âgées, étudiants, mais aussi intérimaires, travailleurs indépendants, aides à domicile, artisans ont basculé dans la précarité », alerte le SPF. Augmentation des demandes de RSA qui mettent les budgets des départements à mal, loyers impayés qui touchent surtout le secteur HLM, aides alimentaires en forte hausse,  sont autant d'indicateurs de ce basculement dans la précarité. 

voir l'Humanité du 30/09/2020

voir le Monde du 6/10/2020

La réunion du gouvernement avec les associations caritatives le 2 octobre, pour ne rien annoncer mais pour prendre des avis, a exaspéré ces associations : "Nous sommes extrêmement inquiets, très impatients, en colère aussi" elles comptaient en effet sur "des réponses"… et ne les ont pas eues.

Emmanuel Macron a admis le 14/10/2020 que la crise sanitaire « frappe de manière très injuste, encore plus dans les milieux les plus précaires, les plus pauvres ». A la suite de cette intervention, des mesures du gouvernement pour répondre ont été annoncées par le premier ministre le 15/10/2020. Elles sont dramatiquement insuffisantes :

Une aide exceptionnelle ponctuelle de 150 € s sera attribuée pour les bénéficiaires du RSA. Mais tout le monde n’a pas le droit au RSA (notamment les jeunes de 18 à 25 ans) et c’est ponctuel. Un accompagnement à l’emploi pour les jeunes, mais pour ceux qui n’ont pas d’emploi ? une prime aide au logement ponctuelle qui exclut la grande majorité des bénéficiaires de moins de 25 ans….

Le 24 octobre le premier ministre annoncé (après plusieurs reports) son acte II contre la pauvreté. Mais cela ne répond pas à l’urgence des besoins.  voir le Monde du 24/10/2020 : 

Le chef du gouvernement a répété la philosophie d'Emmanuel Macron qui refuse une augmentation des minima sociaux et privilégie des aides d'accompagnement d'un retour à l'emploi comme rempart à la pauvreté : (insertion par l’activité économique, accompagnement à l’emploi, aides à la mobilité, …)

En plus des mesures déjà annoncées le 14/10/2020, quelques mesures immédiates supplémentaires : garantie jeunes étendue, subvention aux associations augmentée,

« Ce catalogue de mesures d’urgence, temporaires, n’est pas à la hauteur de la crise qui frappe et ne permettra pas d’endiguer la montée de la pauvreté », estime Aurélien Taché, député ex-LRM 

des « mesures pansements, déconnectées de la vie des gens » réaction d’ATD Quart Monde.

De plus les hébergements d’urgence sont saturés. Les circulaires du 2/07 et du 17 octobre stipulent que « il ne peut y avoir d’expulsion sans relogement ». Mais elles « sont signées du ministère du logement pas par le ministère de l’intérieur ce qui fait que les préfets les considèrent comme non contraignantes » remarque la fondation Abbé Pierre. Emmanuelle Wargon « n’écarte pas la possibilité de réquisitionner les hôtels de tourisme ». Qu’attend-elle ? Par ailleurs l’admission dans le logement social qui permettrait de libérer des places dans les hébergements d’urgence est à l’arrêt. 

De plus Les malades sont plus nombreux parmi les personnes plus défavorisées : logements exigus, vie dans les cités denses, emploi dans les activités essentielles (nettoyage, employés de caisse, aides à domicile, bâtiment, …). L’étude de l’INSERM 9/10/2020 est parlante sur le sujet. 

Le pouvoir communique, en égrenant des mesures ponctuelles, pour donner une illusion de prise en compte du problème. Mais ces mesures restent parcellaires et pas à la hauteur des besoins. Les effets néfastes des choix politiques depuis le début du quinquennat se font toujours sentir : baisse drastique des contrats aidés, diminution des APL, fragilisation des bailleurs sociaux, augmentation de la CSG, annonces sur la non-indexation de certains minima sociaux alors que l’inflation accélère…

Le compte n’y est pas. Pourtant plusieurs propositions ont été faites, notamment par les partis politiques de Gauche, syndicats et associations caritative.

Le Parti Socialiste fait en ce moment une campagne sur ce thème : liste non exhaustive de propositions 

·         Revalorisation des minima sociaux,  

·         Ouverture du RSA aux moins de 25 ans,  

·         Renforcement de la politique de droit au logement, 

·         Moratoire sur les frais bancaires pour les plus bas revenus,  

·         Abrogation de la réforme de l'assurance chômage, 

·         Création d'un revenu de base,  

 

A ces propositions il faut en ajouter d’autres :  

·         Revenu universel d’existence,   

·         Baisse des quota nécessaires pour avoir droit au dispositif d’intermittents, 

·         Gel des loyers et des remboursements bancaires sous certaines conditions,  

·         Développement du logement d’urgence,  

·         Couverture Médicale Universelle élargie,  

·         Lutte contre l’isolement et la solitude,

·         Etc...

 

 

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